Sûreté nucléaire: Greenpeace étonné de la différence d'approche France - Belgique

Greenpeace s'est étonnée jeudi de la "différence d'approche" entre la France et la Belgique face à des fissures sur les cuves des réacteurs nucléaires, demandant "une harmonisation a minima européenne" de la doctrine de la sûreté sur ce sujet.[AFP] Greenpeace s'est étonnée jeudi de la "différence d'approche" entre la France et la Belgique face à des fissures sur les cuves des réacteurs nucléaires, demandant "une harmonisation a minima européenne" de la doctrine de la sûreté sur ce sujet.[AFP]

Greenpeace s'est étonnée jeudi de la "différence d'approche" entre la France et la Belgique face à des fissures sur les cuves des réacteurs nucléaires, demandant "une harmonisation a minima européenne" de la doctrine de la sûreté sur ce sujet.

Une "réunion technique" était prévue jeudi après-midi à Bruxelles entre experts chargés de la sûreté nucléaire en Europe, après la découverte de défauts sur la cuve d'un réacteur de Doel, dans le nord de la Belgique, la semaine dernière.

Après la découverte de cette fissure, lors d'un contrôle de la cuve entière, le réacteur a été arrêté et les autorités belges se sont dites "sceptiques" quant à la possibilité d'une relance.

Selon Greenpeace, la cuve d'un réacteur est de fait "un composant difficilement réparable". L'association relève à cet égard la différence d'approche de la France.

En effet, selon elle, certains réacteurs français connaissent des "microfissures", que ce soit sur les tubulures ou dans le corps même de la cuve, comme en Belgique.

Ces fissures sont des "défauts sous revêtements" ou DSR, c'est à dire des fissures dans le métal de base de la cuve, "apparues lors de la fabrication au moment du recouvrement par la couche d'acier inoxydable". La plus grande de ces "micro-fissures" fait "une dizaine de mm" de long, indique Greenpeace.

Ainsi, des DSR ont été identifiés sur 23 tubulures de 12 cuves (notamment Dampierre 4, Saint Laurent, Gravelines 3...), et, "plus grave" selon Sophia Majnoni d'Intignano, chargée de campagne à Greenpeace France, sur le corps de la cuve de 10 réacteurs, pour l'essentiel sur le réacteur 1 de Tricastin. "Si l'origine n'est pas la même qu'à Doel, la conséquence est la même", souligne-t-elle.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), selon Greenpeace, contrôle ces défauts sur les cuves lors de la visite décennale, "pour s'assurer qu'ils n'évoluent pas".

Par ailleurs, en 2001, des "petites fissures" ont été détectées au niveau de la soudure d'une pénétration de fond de cuve à Gravelines 1, selon Greenpeace, et l'ASN aurait demandé à EDF de vérifier l'ensemble des pénétrations de fond de cuve des réacteurs de 900 et 1300 MW.

Greenpeace "ne comprend pas une telle différence d'approche entre les régulateurs français et belge", et s'étonne notamment de la position de l'ASN sur une "potentielle réparation" de Gravelines 1, alors que "les soudures sont des zones sensibles" et qu'en 2010 "la position de l'ASN était qu'une réparation sur la cuve était +difficile+".

Greenpeace demande en outre, suite à l'affaire de Doel, qu'une liste complète des réacteurs équipés du même type de cuve "soit publiée au plus vite". Selon l'ASN, aucun réacteur français ne dispose de cet équipement.

Greenpeace estime aussi "nécessaire que les normes internationales de contrôle soient renforcées et harmonisées afin que le contrôle de la cuve entière devienne la norme et non plus l'exception". La France effectue un contrôle de la cuve entière à l'occasion des visites décennales.

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