Le gaz de schiste en 4 questions

Un autocollant "stop au gaz de schiste" dans une commune de l'Ardèche, en France, opposée à un projet d'exploration de gaz de schiste, le 3 août 2011 [Denis Charlet / AFP/Archives] Un autocollant "stop au gaz de schiste" dans une commune de l'Ardèche, en France, opposée à un projet d'exploration de gaz de schiste, le 3 août 2011 [Denis Charlet / AFP/Archives]

Le gaz de schiste, dont François Hollande a annoncé l'annulation de sept permis d'exploration, suscite des opinions divergentes, certains défendant son intérêt économique et d'autres insistant sur les lourds problèmes que créerait son exploitation.

Qu'appelle-t-on les gaz de schiste ?

Les gaz et le pétrole ("huile") de schiste (ou de roche-mère) sont des hydrocarbures prisonniers dans des roches très profondes et faiblement poreuses (schiste, argile, calcaire...) dans lesquelles ils sont éparpillés.

Le terme est impropre, puisqu'il s'agit plutôt d'une exploitation non conventionnelle d'un gaz naturel dispersé à une profondeur de 1.500 à 3.000 m.

Il existe d'autres hydrocarbures dit non conventionnels, comme les gaz de houille (le "grisou" des anciennes mines de charbon) ou les "tight gas", contenus dans des réservoirs très profonds difficiles à exploiter.

Qu'est-ce que la fracturation hydraulique ?

Cette technique, maîtrisée par les Américains, consiste à "fracturer" la roche avec un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques projeté à haute pression afin de libérer les hydrocarbures. Le forage vertical oblique à l'horizontale au niveau du gaz. Après un forage, le mélange mêlé de gaz remonte à la surface.

La fracturation hydraulique est la seule technique utilisée à l'heure actuelle. D'autres en sont au stade expérimental.

Pourquoi tant d'intérêt pour ce gaz ?

Avec la raréfaction de l'or noir et du gaz, il devient plus rentable d'aller chercher ces hydrocarbures dont les réserves sont très importantes, et que l'on trouve ailleurs que dans les pays classiquement pétroliers.

La France est considérée avec la Pologne comme le pays européen ayant le meilleur potentiel. ExxonMobil a cependant décidé de se retirer de Pologne, où les gisements explorés ne présentaient pas de quantités commercialement exploitables.

Quel est l'impact environnemental ?

Aux Etats-Unis, pays où la fracturation est pratiquée à grande échelle, une bonne partie des eaux usées remontent à la surface, et sont décantées dans des stations d'épuration. Une autre reste dans les profondeurs, au risque de contaminer la nappe phréatique. Le documentaire phare des anti-schiste, "Gasland", montre un riverain d'un champ gazier mettant le feu à l'eau de son robinet, même si ces incidents sont plus probablement liés à des forages mal réalisés qu'à la fracturation.

A noter encore les fuites possibles de méthane au cours de l'extraction (3,6 à 7,9% de la production, selon les chercheurs), un gaz aussi nocif que le CO2, avec un impact 20 fois plus important mais une durée de présence dans l'atmosphère beaucoup plus courte.

L'utilisation de milliers de tonnes d'eau pour chaque fracturation n'est pas non plus sans effet sur l'environnement.

Enfin l'exploitation des gaz de schiste va à l'encontre du principe de réduction de la consommation énergétique, défendu par les écologistes.

 

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