Thon rouge : une répartition plus juste réclamée

Des pêcheurs marseillais devant leur bâteau immobilisé en raison des quotas européens sur le thon en Méditerranée, en juillet 2008 [Anne-Christine Poujoulat / AFP/Archives] Des pêcheurs marseillais devant leur bâteau immobilisé en raison des quotas européens sur le thon en Méditerranée, en juillet 2008 [Anne-Christine Poujoulat / AFP/Archives]

Les artisans pêcheurs ont réclamé lundi à Paris une répartition "plus juste" du quota de pêche au thon rouge en Méditerranée entre eux et les industriels pour la campagne 2013, lors d'une manifestation devant le ministère de la Mer et de la Pêche (rattaché aux Transports).

Une délégation de pêcheurs, conduite par le président du syndicat professionnel des pêcheurs petits métiers du Languedoc-Roussillon (SPMLR), Frédérick Reste, devait être reçue par le Ministère délégué aux transports, à la Mer et à la Pêche, ont-ils indiqué.

"Aujourd'hui, le déséquilibre est tel que quelques thoniers-senneurs, neuf selon le SPMLR, se partagent quelque 90% du quota national. Le segment +petit métier+ qui représente 84% des unités de pêche en Méditerranée n'a accès qu'à 10% des volumes de captures autorisés", a rappelé le syndicat dans un communiqué.

Pour les pêcheurs artisans, cette répartition doit être portée vers un "ratio proche des 70% et 30% dans la limite et le respect du quota annuel attribué à la France", exige Frédéric Reste.

"Nous demandons à pouvoir pêcher une tonne par bateau" a expliqué Yann Moguera artisan pêcheur basé à Port-la-Nouvelle (Aude) présent à la manifestation.

"Sinon, je dépose mon bilan dans un an ou deux", poursuit-il.

Dès 2013, la fin du "pay-back" (remboursement d'une surpêche des années antérieures) verra le retour de 1.500 tonnes dans les quotas français, en supplément des 800 tonnes attribuées en 2012 en Méditerranée française, a rappelé le syndicat.

Depuis trois ans, un processus de remboursement imposé à la France du fait des dépassements antérieurs des bateaux industriels était également supporté par la pêche artisanale.

A ce stade, un des scénarios prévoit l'attribution de seulement 17 tonnes supplémentaires au profit des pêcheurs artisans.

Ce choix, s'il était retenu, ferait fondre la part du petit métier en Méditerranée de plus de moitié assurent ses représentants: moins de 5% en 2013 contre 12% actuellement du total.

La surexploitation industrielle du thon rouge depuis plusieurs décennies a conduit à la fragilisation des stocks et à la nécessité d'adopter à l'échelle régionale une politique commune de gestion.

Chaque année en novembre, la France se voit attribuer un quota par l'Union européenne, qu'elle décline ensuite au plan national, assorti de règles draconiennes de limitation de l'effort de pêche et de contrôle des conditions de capture et de débarquement.

La réforme en cours de la Politique Commune de la Pêche (PCP) s'appuie par ailleurs sur un discours politique et scientifique de soutien spécifique aux pêcheries à petite échelle et le Syndicat espère à ce titre que cela se traduira par des mesures de terrain et des décisions effectives, fait encore valoir le SPMLR.

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