L'UE ne montrera "aucune complaisance" sur la sécurité nucléaire

Vue des deux tours réfrigérantes et leur panache de vapeur de la plate-forme Areva du Tricastin, le 4 avril 2011 [Philippe Desmazes / AFP/Archives] Vue des deux tours réfrigérantes et leur panache de vapeur de la plate-forme Areva du Tricastin, le 4 avril 2011 [Philippe Desmazes / AFP/Archives]

La Commission européenne ne montrera "aucune complaisance" sur la sécurité du parc nucléaire européen, qui est "en général satisfaisante", a affirmé lundi le commissaire à l'Energie Gunther Oettinger, sans démentir la découverte "de centaines d'insuffisances", surtout en France.

"Nos contrôles de sécurité ont été stricts, sérieux et menés en toute transparence. Ils ont permis de révéler ce qui allait bien et là où il fallait apporter des améliorations", a-t-il assuré dans une déclaration.

"En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance", a-t-il ajouté.

M. Oettinger présentera mercredi son rapport et ses recommandations à ses collègues de la Commission, qui pourront faire part de leurs remarques et de leurs éventuelles objections.

Selon le journal allemand Die Welt, qui dit avoir consulté ce rapport, le commissaire européen chiffre à 25 milliards d'euros les travaux de mise en conformité rendus nécessaires par les contrôles qui ont fait apparaître des "centaines d'insuffisances".

Die Welt souligne que la plupart des critiques concernent les centrales françaises. La France compte 58 réacteurs qui produisent 75% de l'électricité consommée dans l'Hexagone.

Lundi soir, le Figaro.fr a précisé que, selon le même document, les contrôles avaient révélé "des défaillances de sécurité" dans les 19 centrales nucléaires françaises. "Mais aucune fermeture n’est préconisée par Bruxelles", a ajouté le quotidien français.

Aucun démenti n'a été formulé sur les informations de Die Welt.

"Nous sommes en phase de finalisation du rapport", a seulement déclaré dans la journée la porte-parole de M. Oettinger, Marlene Holzner. Le rapport cité par le journal allemand serait un document de travail dont tous les éléments ne seront pas nécessairement repris dans le rapport final, a-t-on indiqué de source communautaire.

Le Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG), qui a mené les tests, a préparé "un plan d'action pour renforcer la solidité des centrales".

"Je ne peux pas parler pour tous les pays, mais pour la France, le coût de ces investissements sera de l'ordre de 100 à 200 millions d'euros par centrale", avait annoncé un de ses représentants, le Français Philippe Jamet, lors d'une audition en juin devant le Parlement européen.

M. Oettinger espère que la commission sera en mesure de soumettre ce rapport et ses recommandations aux dirigeants de l'UE lors du sommet des 18 et 19 octobre à Bruxelles.

"Nous visons la présentation pour le sommet d'octobre", a confirmé sa porte-parole. Une petite part d'incertitude demeure, car le président de la Commission, José Manuel Barroso, peut demander à M. Oettinger de revoir sa copie si trop d'objections sont émises.

La Commission européenne a réclamé des contrôles sur tous les types de réacteurs installés dans l'UE, et a demandé une analyse des conséquences d'un accident d'avion sur une installation.

L'objectif était de vérifier la sécurité des installations en cas de rupture des approvisionnements en électricité, comme cela s'est produit sur le site de la centrale de Fukushima au Japon après le séisme suivi d'un gigantesque tsunami qui a inondé les installations.

La Commission européenne peut faire des recommandations, mais elles sont non contraignantes, a insisté Mme Holzner. "Nous allons voir s'ils suivent nos recommandations ou pas".

L'UE compte 147 réacteurs dans 14 pays, dont 58 en France. Et 24 nouveaux réacteurs sont en projet, dont six sont déjà en construction: deux en Bulgarie, deux en Slovaquie, un en Finlande et un en France.

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