Les constructeurs innovent pour rendre leurs camions plus "verts"

Un camion [Thierry Zoccolan / AFP/Archives] Un camion [Thierry Zoccolan / AFP/Archives]

Lignes redessinées et moteurs moins polluants: les constructeurs de camions, poussés à l'innovation par le renforcement des réglementations et par le prix élevé du carburant, s'efforcent de développer des véhicules toujours plus respectueux de l'environnement.

La nouvelle norme antipollution baptisée Euro 6 les contraint à proposer des moteurs plus propres. Cette réglementation, qui entrera en vigueur pour les camions et bus neufs en Europe en janvier 2014, prévoit une division par deux des émissions de particules et une forte réduction (80%) des rejets d'oxydes d'azote.

La mise en conformité des véhicules a représenté d'importants investissements pour les constructeurs, qui viennent de présenter leurs nouveaux moteurs, lors du salon international IAA d'Hanovre, la grand messe des fabricants de véhicules utilitaires légers, poids lourds et bus.

L'aérodynamisme est également devenu un argument de vente incontournable. "Près de 40% de l'énergie totale à fournir pour maintenir un camion de 40 tonnes à une vitesse constante de 85 km/h sur une route plate est perdue rien que sous l'effet de la résistance à l'air", explique le constructeur bavarois MAN (groupe Volkswagen), auteur d'une étude sur un poids lourd (Concept S).

Or, la résistance à l'air engendre une hausse de la consommation de carburant, qui constitue le deuxième poste de dépense des transporteurs, qui réclament des solutions pour réduire leur facture.

Le numéro un mondial, l'allemand Daimler, a dévoilé à l'IAA un semi-remorque, Mercedes-Benz Aerodynamics, capable d'économiser 2.000 litres de gazole et près de 3.000 euros par an tout en réduisant de 5 tonnes ses émissions de CO2, promet-il.

Renault Trucks (groupe suédois Volvo) a lui présenté une étude sur la base d'un véhicule grand routier "tout entier tourné vers les économies de carburant". Calandre légère en fibre de carbone et aluminium, rétroviseurs réduits au strict minium, marches d'accès et roues couvertes pour favoriser l'écoulement de l'air ou encore degré d'inclinaison du pare-brise doivent assurer une consommation minimale.

L'électrique reste un marché de niche

Outre le design, les améliorations techniques comme les boîtes de vitesse robotisées et les systèmes d'arrêt automatique du moteur aident à diminuer la consommation de carburant.

Renault Trucks a également mis au point un outil de pilotage de la consommation, Optifuel, qui permet de suivre la consommation des camions, et propose depuis plusieurs années aux chauffeurs routiers des cours de conduite économique.

Autre voie empruntée par les constructeurs, celle de l'électrique. "Parmi les utilitaires légers de moins de 3,5 tonnes, le tout-électrique est déjà possible", souligne la fédération automobile allemande VDA.

Mais les clients sont rarement des particuliers et le marché reste limité.

Avec son nouveau Daily Electric, un utilitaire 100% électrique avec batterie recyclable, l'italien Iveco séduit surtout les entreprises publiques, comme Deutsche Post, ou les collectivités locales désireuses de compléter leur flotte.

Même si les ventes devraient augmenter, ce véhicule adapté aux livraisons en ville ne convaincra pas des milliers de clients, admet Alessandro Bernardini, ingénieur produit d'Iveco, interrogé par l'AFP. D'autant que son prix est trois fois supérieur à celui d'un utilitaire normal.

Au final, l'électrique va se concentrer sur ce type de véhicules, "qui vont rester dans un avenir proche un marché de niche", affirme une étude du cabinet de conseil AlixPartners.

Un avis partagé par Franck Schwope, analyste automobile au sein de la banque Nord/LB. Pour lui, "le développement de l'électrique dans les véhicules utilitaires prendra encore plus de temps que dans les voitures".

Et "pour les poids lourds et moyens, il n'y a toujours pas d'alternative au moteur diesel", estime AlixPartners.

"Pour des raisons financières, on ne peut pas actuellement faire rouler un camion remorque de 40 tonnes avec un moteur électrique", explique la VDA, évoquant le poids et le prix des batteries.

Toutefois, la fédération n'exclut pas l'arrivée des moteurs hybrides dans le transport longue distance.

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