"Tara-Océans" : la goélette prend le large vers l'Arctique

Le capitaine de la goélette océanographique Tara, Loic Valette, pose sur le bateau le 18 mai 2013 à Lorient [Fred Tanneau / AFP] Le capitaine de la goélette océanographique Tara, Loic Valette, pose sur le bateau le 18 mai 2013 à Lorient [Fred Tanneau / AFP]

La goélette océanographique Tara a quitté dimanche le port de Lorient et mis le cap sur l'Arctique, pour sa 3e grande expédition scientifique depuis 2005, au cours de laquelle son équipage de marins et chercheurs va effectuer en sept mois un tour complet de l'océan du pôle Nord.

Plusieurs centaines de Lorientais se sont massés sur le quai de l'ancienne base des sous-marins allemands, pour saluer sous les vivats l'appareillage du voilier, accompagné des roulements d'un orchestre de percussions et du sourd gémissement des cornes de brumes.

L'heure c'est l'heure. Il est 15 heures pile lorsque Tara récupère ses haussières et s'écarte de son ponton d'amarrage. Le chronomètre de cette expédition en lisière de banquise est enclenché. Il ne s'arrêtera qu'au mois de décembre, lorsque la goélette entrera de nouveau dans le chenal.

C'est presque une course contre la montre que les marins et scientifiques, partis pour une exploration et étude intégrée des écosystèmes planctoniques dans les très hautes latitudes, vont devoir mener tout au long de la mission "Tara Océans Polar circle".

Photo prise le 25 octobre 2012 de la goélette océanographique Tara à Paris, près du pont Alexandre III [Thomas Samson / AFP/Archives]
Photo
ci-dessus
Photo prise le 25 octobre 2012 de la goélette océanographique Tara à Paris, près du pont Alexandre III
 

Le tour complet de l'Arctique, en empruntant les passages du Nord-Est au large de la Russie et du Nord-Ouest, au large du Canada, n'est en effet possible que lors de la fonte de la banquise d'été. Il n'y a pas et il n'y aura pas une minute à perdre pour boucler la boucle avant que la glace, à la fin de l'automne, ne referme ces deux portes entre Atlantique et Pacifique.

Le rêve contre la morosité

Entourée de toute une flottille de plaisanciers, sous un crachin typiquement breton, la goélette qui a hissé sa seule trinquette à l'avant double à bâbord la citadelle de Port Louis, à l'extrémité de la rade, et met le cap au sud-ouest vers l'île de Groix.

A la proue, Etienne Bourgois, le patron de Tara Expéditions, est discrètement ému: "Dans le contexte actuel morose et triste, apporter un peu de rêve est un accomplissement, confie-t-il à l'AFP. Un enfant m'a offert un dessin avec ces quelques mots, +avec Tara, tout peut changer...+ C'est le sens de nos expéditions. Agir en faveur de la préservation de ce monde marin qui est notre passé et notre avenir. Tara est le bateau de tout le monde".

L'esprit du commandant Jean-Baptiste Charcot plane sur Tara, quand ce grand explorateur des pôles quittait Brest au début du XXe siècle à bord du Pourquoi pas ? et mettait le cap sur le Grand Nord et le pays des Inuits.

"Hatoup" !

Des membres de l'équipage de la goélette océanographique Tara se préparent au départ, le 18 mai 2013 à Lorient [Fred Tanneau / AFP]
Photo
ci-dessus
Des membres de l'équipage de la goélette océanographique Tara se préparent au départ, le 18 mai 2013 à Lorient
 

Tara mouille devant Groix. Comme il est de tradition à chaque départ d'expédition, depuis le temps de la Compagnie française des Indes qui était basée à Lorient, le diacre Dominique Le Quernec, recteur de la paroisse de l'île, revêt son habit sacerdotal.

Il bénit, sur le pont, le bateau et l'équipage: "Bénir, c'est souhaiter du bien, que l'on soit croyant ou pas, dit-il devant les marins. Je bénis cet équipage qui part pour faire avancer la science et la connaissance au bénéfice de l'humanité entière".

"Hatoup"!, lance-t-il enfin en langue bretonne locale, qui signifie "Bon vent et réussite sur votre route".

La goélette met le cap au large. La houle est tranquille et le vent assoupi. La prochaine terre est à 900 milles nautiques, plein nord, en Islande.

Vous aimerez aussi

La goélette Tara est de retour, près de l'île de Groix, le 27 octobre 2018 [SEBASTIEN SALOM GOMIS / AFP]
expédition Retour de l'expédition Tara après deux ans et demi à explorer les fragiles coraux
expédition Cent ans après son départ, le trois-mâts d'un explorateur regagne la Norvège
expédition Un cake aux fruits centenaire découvert intact en Antarctique

Ailleurs sur le web

Derniers articles