L'Ethiopie entame la déviation du Nil Bleu pour créer un barrage

Une photo du 28 mai 2013 montre le barrage créé pour dévier le lit du Nil Bleu à Guba, en Ethiopie [William Lloyd-George / AFP] Une photo du 28 mai 2013 montre le barrage créé pour dévier le lit du Nil Bleu à Guba, en Ethiopie [William Lloyd-George / AFP]

L'Ethiopie a entamé la déviation du Nil Bleu, en vue de la construction d'un important barrage hydro-électrique, ont indiqué des responsables éthiopiens mercredi.

Pour construire le barrage "Grande renaissance", un projet de 4,2 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros), le lit du Nil Bleu, l'un des deux principaux affluents du Nil, doit être dévié sur environ 500 mètres.

"Pour construire le barrage, le lit naturel doit être asséché," a expliqué Addis Tadele, porte-parole de la compagnie nationale d'électricité, EEPCo, au lendemain d'une cérémonie officielle sur le site des travaux.

Les travaux pour la première phase du barrage -d'une capacité de 700 megawatts- devraient durer trois ans. Le barrage devrait au final avoir une capacité de 6.000 megawatts.

Le Soudan et l'Egypte, deux pays arides très dépendants des eaux du Nil pour l'agriculture notamment, sont ultrasensibles aux projets susceptibles d'affecter le cours du fleuve.

Le ministère soudanais des Affaires étrangères a cependant affirmé mercredi dans un communiqué que le projet éthiopien "ne nuit pas au Soudan", ajoutant qu'il existait "des accords et des consultations entre l'Ethiopie, le Soudan et l'Egypte sur ce projet".

Une photo du 28 mai 2013 montre le barrage créé pour dévier le lit du Nil Bleu à Guba, en Ethiopie [William Lloyd-George / AFP]
Photo
ci-dessus
Une photo du 28 mai 2013 montre le barrage créé pour dévier le lit du Nil Bleu à Guba, en Ethiopie

"Le Soudan respecte ses engagements à coopérer avec ces deux pays en ce qui concerne le partage des eaux du Nil et celui des revenus communs", a dit le ministère.

EEPCo s'était voulue rassurante, affirmant que le barrage jouera un rôle régulateur et réduira à la fois les risques d'inondations et les périodes de sécheresse.

Le projet de barrage, situé dans la région de Benishangul-Gumuz (nord-ouest), près de la frontière soudanaise, avait été lancé en avril 2011 par le défunt Premier ministre éthiopien Meles Zenawi.

Des fonds sont régulièrement levés pour sa construction, mais localement, aucun financement étranger n'a pour l'instant été apporté.

L'Ethiopie a entrepris la construction de plusieurs barrages pour produire de l'électricité pour son marché intérieur mais aussi destinée à l'exportation - vers Djibouti, le Soudan et le Kenya notamment.

Une fois achevé, le barrage "Grande renaissance" devrait s'étendre sur 1780 m, pour une hauteur de 145 m.

Vous aimerez aussi

Le mariage de Solomon Aregawi et Yordanos H/Mariam dans la ville d'Alitena, le 12 juillet 2018.  A breakneck peace process between the former foes over the past six weeks hinges on Ethiopia's vow to finally abide by a 2002 United Nations ruling on the frontier, which states that Engal is in fact Eritrean. [Maheder HAILESELASSIE TADESE / AFP]
Afrique A la frontière Ethiopie-Erythrée, on espère la paix mais on craint les divisions
Ce montage du 29 juin 2018 montre le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (à gauche) et le président érythréen Issaias Afwerki.  [Sumy SADRUNI, ASHRAF SHAZLY / AFP/Archives]
Afrique L'Erythrée et l'Ethiopie annoncent ne plus être en guerre
Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, à Addis Abeba, le 24 février 2017 [ZACHARIAS ABUBEKER / AFP/Archives]
Crise Ethiopie : le gouvernement décrète l'état d'urgence

Ailleurs sur le web

Derniers articles