4°C de plus en 2100 en France si rien n'est fait contre le CO2

Un restaurateur relève a l'aide d'un thermomètre la température sur la terrasse de son établissement, le 17 juillet 2006 à Bordeaux, [Patrick Bernard / AFP/Archives] Un restaurateur relève a l'aide d'un thermomètre la température sur la terrasse de son établissement, le 17 juillet 2006 à Bordeaux, [Patrick Bernard / AFP/Archives]

Le climat de la France pourrait se réchauffer de 3,8°C d'ici la fin du XXIe siècle, par rapport à la température actuelle, si l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) se poursuit au rythme actuel, selon une étude rendue publique lundi par le CNRS.

A l'échelle globale, seul un scénario comprenant des "mesures très agressives" pour réduire les émissions de CO2 permettrait de limiter la hausse de la température moyenne à 2°C, la cible visée par les négociations internationales sur le climat, selon les chercheurs du laboratoire Sciences de l'univers au Cerfacs (Centre Européen de Recherche et de Formation Avancée en Calcul Scientifique).

L'étude, parue dans la revue Comptes Rendus Geoscience, a consisté à évaluer les changements climatiques possibles en France à partir des données provenant de 25 modèles numériques internationaux.

"Selon le scénario le plus sévère, le réchauffement, par rapport au climat présent, serait de 3,8°C en moyenne annuelle à la fin du XXIe siècle, et plus fort en été (5,3°C) qu'en hiver (3°C). Dans un futur proche (sur la période 2020-2049), il serait de 1,4°C (1,9°C en été et 1,1°C en hiver)", indique le CNRS dans un communiqué.

Cette nouvelle évaluation est "plutôt une confirmation" de simulations précédentes et équivaudrait, en y ajoutant la hausse de 0,7°C déjà acquise, à une augmentation de 4,5°C en France par rapport à l'époque pré-industrielle, a indiqué à l'AFP Laurent Terray, chercheur au Cerfacs.

Ce scénario "le plus sévère" est "grosso modo un scénario qui dit: on continue à émettre au même rythme qu'actuellement, c'est-à-dire 2 à 3% d'augmentation par an d'émissions de CO2", explique-t-il.

Des mesures contre le CO2 permettraient de contenir ce réchauffement à 1,9°C à la fin du siècle par rapport à aujourd'hui, voire 1,2°C selon d'autres scénarios testés par les chercheurs.

L'étude, en comparant différents modèles, visait notamment à mieux identifier les nombreuses incertitudes liées aux projections climatiques.

Pour les précipitations, où les incertitudes sont plus grandes encore que pour la température, l'étude montre "une diminution significative des précipitations en été, en particulier sur le sud de la France, et une faible augmentation en hiver, principalement pour le nord du territoire français", selon le CNRS.

En parallèle, les chercheurs ont cherché à dater, à l'échelle de la planète, quand pourrait être atteint le seuil d'un réchauffement de 2°C (par rapport à l'époque pré-industrielle), retenu par la science pour éviter les conséquences les plus graves du réchauffement. Cela pourrait se produire, selon eux, dès 2035 à 2040 pour le scénario le plus sévère et entre 2040 et 2050 dans un scénario plus modéré.

"Le scénario le plus agressif" contre le CO2 est "le seul avec lequel on a une bonne probabilité de rester sous les 2°C", affirme Laurent Terray. Un scénario qui correspondrait, selon lui, à "une réduction des émissions très forte mais aussi à des mesures de captation et de séquestration du carbone importantes et un bouquet énergétique différent".

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