La mise au vert générale

[Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

Le gouvernement en a fait un enjeu majeur de 2015. Après les engagements esquissés durant la 3e conférence environnementale de novembre, le Premier ministre Manuel Valls a présenté mercredi les mesures concrètes de la nouvelle feuille de route écologique.

 

Lutte contre la pollution de l’air, coup de pouce aux véhicules électriques, aides pour encourager le bio à l’école… Ce plan, qui comprend 74 mesures ­regroupées en vingt-deux objectifs, était ­attendu par les associations écologiques, alors que Paris accueillera à la fin de l’année la grande conférence internationale sur les changements climatiques (COP21). Car en tant que pays hôte, la France se doit de donner l’exemple.

 

Des pastilles vertes pour avantager les voitures propres

Afin de distinguer les voitures propres des voitures polluantes, les automobilistes pourront apposer "avant l’été" des pastilles de couleur derrière leur pare-brise. Un certificat de qualité dans la lignée de la pastille verte, mise en place en 1998 et abandonnée en 2003.

Les véhicules les plus propres se verront ainsi avantagés : ils pourront rouler en cas de circulation alternée et dans les "zones de circulation restreintes", qui seront prochainement mises en place par les villes pour limiter l’accès de certains espaces aux ­véhicules trop polluants. La possibilité d’emprunter les couloirs de bus et de bénéficier de places de parking gratuites a également été évoquée.

 

Une prime allouée pour basculer vers l’hybride et l’électrique

"Il nous faut progressivement sortir du réflexe tout diesel", a insisté Manuel Valls. Dans le collimateur du gouvernement, donc, les vieux véhicules polluants. Pour que les particuliers s’en débarrassent, le Premier ministre a annoncé la mise en place, dès le mois d’avril, d’une prime exceptionnelle de 10 000 euros aux acheteurs d’un véhicule électrique (6 500 pour une hybride rechargeable) en remplacement d’une diesel de plus de treize ans.

Un coup de pouce sera également donné aux ménages non imposables, qui pourront prétendre à une aide de 500 euros s’ils troquent leur voiture diesel contre une essence neuve ou d’occasion émettant moins de 111g/CO2 par kilomètre.

 

Des aides pour encourager le bio dans les cantines scolaires

Afin de soutenir l’agriculture biologique et de sensibiliser les plus jeunes à l’importance de l’alimentation saine, l’Etat va mettre la main à la poche pour soutenir la demande de bio local dans les cantines scolaires. Toujours dans le domaine de l’éducation, le gouvernement souhaite renforcer le rôle de l’école en tant que «levier majeur pour faire évoluer les comportements». Une «semaine pour le climat», nourrit de débats sur le thème du changement climatique et de la biodiversité, sera désormais organisée chaque année dans les établissements, en lien avec la Fête de la science, début octobre.

 

La fin des aides à l’export pour les centrales à charbon

Les ONG environnementales redoutaient un pas en arrière, mais la France supprimera bien ses aides à l’expor­tation pour les projets de centrales électriques à charbon, une promesse du président François Hollande.

Ainsi, seul les projets prévoyant le captage et le stockage du CO2 – moins polluants mais peu nombreux à l’heure actuelle – pourront continuer à bénéficier des garanties publiques françaises. En revanche, les centrales à charbon dites «supercritiques», plus efficaces mais très polluantes, ne percevront plus d’aides. Un calendrier attendu par les ONG, devrait être prochainement annoncé.

 

Des engagements pour la réduction des pesticides

Le gouvernement souhaite encourager le développement de mesures alternatives et l’utilisation de produits moins toxiques pour l’environnement et pour l’homme, notamment dans l’agriculture et dans les espaces publics. Par ailleurs, une «campagne de surveillance des pesticides dans l’air ambiant» sera lancée en 2015-2016 afin de mesurer leur impact sur la santé.

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