COP21 : cinq idées reçues sur le climat

La science fournit des réponses exactes à propos de plusieurs interrogations sur le changement climatique. [NASA]

A quel thermomètre se vouer ? Entre ceux qui ferment les yeux face au réchauffement, ceux qui affirment que la planète sait se défendre toute seule, et ceux qui estiment que l’homme est responsable de tout, il devient dif­ficile de comprendre quelque chose aux questions climatiques.

Si Internet peut se révéler une source importante sur le sujet, c’est aussi sur la Toile que ­circulent les idées les plus folles. Au-delà des théories en tout genre, il existe tout de même quelques points sur ­lesquels il n’est pas permis de douter actuellement, notamment grâce aux faits scientifiques.

La couche d'ozone s'agrandit : FAUX

Selon les derniers relevés de l’OMM (Organisation météorologique mondiale, attachée à l’ONU) fin octobre, le trou dans la couche d’ozone est certes proche de son record, soit 28,2 millions de kilomètres carrés, mais, selon les experts, il ne faut pas paniquer : la couche d’ozone – un gaz naturel qui forme comme un écran protecteur contre certains rayons – se répare d’elle-même.
Sa détérioration était liée aux chloro­fluorocarbones utilisés comme réfrigérants dans les aérosols. Un traité adopté en 1987 a banni leur utilisation. Selon la Nasa et l’OMM, la couche d’ozone devrait s’être rétablie en 2070. L’anomalie détectée il y a peu serait due au prolongement des conditions hivernales dans l’Antarctique, et n’aurait aucune réper­cussion sur cet objectif.

Le responsable est le soleil : FAUX

C’est l’un des mythes les plus tenaces sur le réchauffement climatique. Pourtant, l’activité solaire n’a pas d’incidence avérée sur le réchauffement climatique. La croyance remonte à 1991, lorsque deux géophysiciens danois ont publié une étude, qui allait dans ce sens, dans la revue Science. Problème : plusieurs de leurs confrères ont depuis démontré que leurs conclusions étaient fausses.

La fonte de l'Arctique n'est pas naturelle : VRAI

La banquise en Arctique est un indi­cateur très sensible aux changements clima­tiques. Les données satellites qui ont été recueillies ces trente dernières années montrent un déclin très rapide de sa surface, ce qui n’aurait donc rien d’un cycle naturel. Selon la Nasa, son étendue aurait ainsi diminué de 12,2 % par décennie, depuis le début des observations satellites, en 1979. Lors de la présentation de son plan climat cet été, Barack Obama en a fait un de ses arguments : «La fonte de la banquise en Arctique a obligé le National Geographic à faire le plus grand changement dans son atlas depuis la chute de l’URSS», a-t-il déclaré. Si le phénomène continue à ce rythme, les experts estiment qu’elle pourrait disparaître définitivement en été, à l’horizon 2016.

Des espèces sont vouées un jour à disparaître : VRAI

La vitesse à laquelle la planète se réchauffe met à mal la biodiversité. Si le phénomène s’amplifie, plusieurs espèces animales seront amenées à disparaître totalement : les ours polaires sont souvent évoqués, mais aussi les renards polaires ou les poissons-clowns. En France, la menace pèse notamment sur les oiseaux : les bruants jaunes ou les bouvreuils pivoine se font de plus en plus rares. Si certaines espèces suivront de nouveaux chemins migratoires pour survivre, toutes ne le pourront pas, faute de temps. On dit qu’il faut plusieurs milliers d’années pour que se consolide une biodiversité.

Il n’y aura bientôt plus d’hivers extrêmement froids : FAUX

Les hivers rudes ne sont pas près de disparaître. Compte tenu de la disparition de la banquise, la mer, davantage exposée aux rayons du soleil, dégagerait de la chaleur. Cette dernière aurait pour effet d’affaiblir le vortex polaire, un cyclone permanent situé à proximité du pôle, et chargé de retenir les masses d’air froid et humide en provenance de l’Arctique.

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