En cinq jours, Londres a déjà dépassé des limites annuelles de pollution

Pollution à Londres La cathédrale St Paul à Londres, vue à travers un brouillard de pollution, le 22 avril 2011[LEON NEAL / AFP]

Cinq jours après le Nouvel An, certaines zones de la ville de Londres ont déjà dépassé la valeur limite de la concentration de dioxyde d'azote dans l'air, plus que le nombre de fois autorisé pour toute l'année. 

La réglementation européenne est précise lorsqu'il s'agit de pollution. Il existe notamment des limites de la concentration de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air, fixées en microgrammes par mètres cubes. Ainsi, l'air doit contenir, en moyenne annuelle, moins de 40 µg/m3 dans un endroit donné. En moyenne horaire, la valeur maximale autorisée est de 200 µg/m3. Mais attention, interdiction formelle de dépasser ce seuil plus de 18 fois par an.  

C’est cette limite horaire qui a été atteinte sur Brixton Road, dans le quartier londonien de Lamberth. Si l’avenue est la première du pays à griller ses 18 jokers, elle n’est pas un cas isolé. D’autres sites de la capitale britannique affolent les compteurs. Putney High Street, Oxford Street ou encore Kings Road sont autant d’endroits sous surveillance accrue.

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5.900 morts par an à cause du NO2 à Londres

La pollution au dioxyde d’azote est due en grande partie aux véhicules diesel, qui produisent dix fois plus de NO2 au litre de fuel que les camions les plus lourds. Sans doute, avancent les experts, parce que lesdits camions doivent affronter des tests et contrôles plus rigoureux.

La pollution au dioxyde d’azote est la cause de 5.900 décès prématurés par an dans la capitale britannique. En 2013, c’est un total de 11.940 britanniques qui sont morts à cause de la pollution au NO2, faisant du Royaume-Uni le second pays le plus concerné par ce problème derrière l’Italie, selon l’Agence européenne pour l’environnement.

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Cette pollution nuit également aux personnes souffrant de difficultés respiratoires, ainsi qu’à la santé générale des citoyens exposés. Par ailleurs, les scientifiques estiment qu’un cas d’Alzheimer sur dix pourrait être lié à cette pollution de l’air chez les personnes vivant près d’une artère fréquentée.

Limites explosées en 2016

Début décembre, le maire de Londres Sadiq Khan s’est engagé à doubler le budget nécessaire à débarrasser Londres de son air empoisonné, prévoyant désormais un investissement de 875 millions de livres sur 5 ans. En 2016, «seulement» 60% des 97 sites londoniens surveillés avaient dépassé la limite légale de concentration de dioxyde d’azote, selon les données du Kings College récoltées par le Guardian.

Ces dernières années, la moyenne annuelle britannique a été trois fois plus élevée que la limite prévue par le droit européen (125 µg/m3 contre 40 µg/m3 autorisés). Brixton Road a notamment enregistré une moyenne de 117 µg/m3, et a dépassé la moyenne horaire limite 502 fois dans l’année. C’est toujours moins que Putney High Street, 1221 fois au-dessus de la moyenne horaire autorisée en 2016. 

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