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Baignade dans la Seine : que révèlent ces nouvelles analyses inquiétantes ?

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, survenu en 2019, n’a pas aggravé la contamination au plomb de la Seine. [STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Le centre de recherche scientifique (CNRS) a publié au début du mois d'avril une synthèse de la contamination de la Seine s’appuyant sur plusieurs analyses menées depuis 2016. Les données ont mis en lumière une pollution accrue en plomb au cours de la dernière décennie en raison des dernières grandes crues qui ont secoué l’Ile-de-France.

Un travail de fond qui devrait refroidir les Franciliens adeptes de baignade dans la Seine. En s’appuyant sur diverses études scientifiques menées sur plusieurs points, le long de la Seine, depuis 2016, les chercheurs du centre de recherche scientifique (CNRS) ont mis en lumière l’impact des dernières crues sur la pollution de la rivière francilienne.

«Même si la qualité de la Seine s’améliore progressivement depuis les années 1970, des épisodes de pollution continuent de se produire, en particulier lors des crues. Celles-ci peuvent en effet charrier et déposer des quantités importantes de sédiments contaminés (métaux) sur les quais de la Seine à travers Paris. L'incendie de la cathédrale Notre-Dame survenu en 2019 a également ravivé les craintes du grand public quant à l’impact de cet événement sur la contamination au plomb à Paris et dans le fleuve», a synthétisé le CNRS.

Une concentration élevée en plomb dans la Seine

L’étude a souligné que les crues de 2020 et 2021 contenaient plus de métaux lourds, notamment du plomb, que les précédentes. «Les crues de 2020 et 2021 ont principalement déposé des matériaux plus anciens, probablement remis en suspension à partir du lit du fleuve ou érodés depuis les berges, ce qui explique que les sédiments déposés par ces crues présentaient des niveaux de contamination en métaux plus élevés et plus hétérogènes», a détaillé le résumé du CNRS.

«Parmi les métaux, le plomb présentait les facteurs d’enrichissement les plus élevés avec des valeurs proches de 8 autour de l'île de la Cité et atteignant 18 dans les sections du fleuve situées plus en aval. Des concentrations particulièrement élevées en plomb ont également été observées à proximité de la cathédrale Notre-Dame», a abondé cette même source.

L’incendie de Notre-Dame n’a pas aggravé la contamination au plomb de la Seine

Néanmoins, l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, survenu en 2019, n’a pas aggravé la contamination au plomb de la Seine. A l’inverse, la majorité de la pollution à cet élément chimique relevé dans le fleuve francilien à cette période serait le fruit de l’aménagement urbain.

«Les signatures isotopiques du plomb suggèrent que si certains échantillons prélevés en 2020 présentaient une signature similaire à celle qui est attribuée aux poussières générées lors de l'incendie de Notre-Dame, la contribution globale de cet événement à la contamination au plomb dans les sédiments de la Seine après l’incendie semble limitée», a avancé le CNRS.

«La contamination au plomb présente au contraire une signature correspondant aux sources de plomb dit «urbain» que l’on trouve à travers toute la ville (fontaines, tuyaux, toitures, peintures, additifs des essences plombées...), qui constituent la principale origine du plomb détecté», a ponctué cette source.

La présence d’herbicides interdits détectée dans la Seine

D’autres substances toxiques, comme «des herbicides autorisés (diflufénican, pendiméthaline) ou même interdits (atrazine)» ont été détectées «à des niveaux dépassant les concentrations dites «sans effet prévisible» sur les organismes aquatiques».

«Dans l'ensemble, ces deux études montrent que la qualité de la Seine reste fragile et sensible aux crues. Avec la réouverture estivale de zones de baignade dans le fleuve depuis l’été 2025, ces résultats soulignent la nécessité de surveiller en continu un éventail plus large de contaminants (comme les métaux, les pesticides, les antibiotiques, etc.) au-delà des seuls indicateurs microbiologiques tels que le dosage d’Escherichia coli», a ponctué le CNRS.

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