Solar Impulse 2 tout proche de boucler un tour du monde historique

L'avion Solar Impulse 2 s'envole de l'aéroport international du Caire le 24 juillet 2016 [JEAN REVILLARD / REZO / Solar Impulse 2/AFP] L'avion Solar Impulse 2 s'envole de l'aéroport international du Caire le 24 juillet 2016 [JEAN REVILLARD / REZO / Solar Impulse 2/AFP]

Solar Impulse 2 (SI2) approchait lundi d'Abou Dhabi où cet avion capable de voler jour et nuit avec l'énergie solaire comme unique carburant doit boucler un tour du monde sans précédent, défi technologique autant qu'humain.

Piloté par le Suisse Bertrand Piccard, l'appareil doit atterrir -sauf incident- mardi à l'aube à l'aéroport Al-Bateen, près de la capitale des Emirats arabes unis, d'où il était parti le 9 mars 2015 pour un périple de plus de 42.000 kilomètres, effectué sans une goutte de carburant.

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Lundi matin, l'avion s'approchait de l'est de l'Arabie saoudite, après avoir dépassé la capitale Ryad, selon le site internet de l'expédition. Il doit ensuite contourner Bahreïn par l'est ainsi que le Qatar avant de se diriger sur Abou Dhabi en survolant le Golfe. Il arrive du Caire, où il a attendu plus d'une semaine des conditions climatiques favorables.

Bertrand Piccard, 58 ans, et son compatriote André Borschberg, 63 ans, qui se sont relayés aux commandes du monoplace, doivent faire le point de leur expérience destinée à promouvoir l'usage des énergies renouvelables lors d'une conférence de presse organisée par les responsables de Masdar, la cité écologique en construction dans l'émirat pétrolier d'Abou Dhabi, et l'un des parrains du projet.

Le Suisse Bertrand Piccard se prépare à décoller de l'aéroport international du Caire à bord de son Solar Impulse 2, le 24 juillet 2016 [JEAN REVILLARD / REZO / Solar Impulse 2/AFP]
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Le Suisse Bertrand Piccard se prépare à décoller de l'aéroport international du Caire à bord de son Solar Impulse 2, le 24 juillet 2016

 

Pesant 1,5 tonne mais aussi large qu'un Boeing 747, le SI2 a volé à une vitesse moyenne d'environ 80 km/h grâce à des batteries qui emmagasinent l'énergie solaire captée par quelque 17.000 cellules photovoltaïques sur ses ailes.

"J'ai lancé le projet @solarimpulse en 2003 pour transmettre le message que les technologies propres peuvent réaliser l'impossible", a rappelé M. Piccard dans un tweet.

Il est sur le point de réaliser son rêve. Mais il a mis du temps: la circonvolution, à plus de 8.500 mètres d'altitude au maximum, aura duré plus d'un an et quatre mois. Elle était prévue au départ pour durer cinq mois, dont 25 jours de vol effectif.

"Défi humain"

Après Abou Dhabi, il s'est posé successivement à Mascate (Oman), Ahmedabad et Varanasi (Inde), Mandalay (Birmanie), Chongqing et Nanjing (Chine), puis Nagoya (Japon) et Hawaï (Etats-Unis), où il avait fait une escale technique imprévue de plusieurs mois, avant d'atteindre et de traverser l'Amérique du Nord, s'arrêtant à San Francisco, Phoenix, Tulsa, Dayton, Lehigh Valley et New York.

 

Puis il a traversé l'Atlantique sans escale pour se poser le 23 juin à Séville, dans le sud de l'Espagne, d'où il a rallié le 13 juillet Le Caire.

Bertrand Piccard a effectué la première traversée de l'Atlantique (6.765 kilomètres), André Borschberg est entré dans légende en pilotant l'appareil pour son étape au-dessus du Pacifique, soit 8.924 kilomètres en un peu moins de 5 jours et 5 nuits (du 28 juin 2015 au 3 juillet 2015), le plus long vol en solitaire jamais réalisé.

En plus d'une performance technologique, le tour du monde de Solar Impulse 2 est un exploit humain.

L'avion Solar Impulse 2 s'apprête à décoller de l'aéroport international du Caire le 24 juillet 2016 [KHALED DESOUKI / AFP]
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L'avion Solar Impulse 2 s'apprête à décoller de l'aéroport international du Caire le 24 juillet 2016

 

Les deux Suisses ont piloté à tous de rôle dans un cockpit de 3,8 m2 sans air conditionné ni chauffage, mais équipé de bouteilles d'oxygène pour permettre aux pilotes de respirer et d'un coin toilettes.

La cabine est recouverte d'une mousse isolante pour atténuer les températures extrêmes en vol, entre +40 et -40 degrés Celsius. Une situation qui a fait dire à André Borschberg que ce fut "un défi plus humain que technique".

"On fait des petites siestes de 20 minutes. Des exercices dans le cockpit, une demi-heure, le matin et l'après midi, sinon au bout de plusieurs jours on ne peut plus bouger ses bras et ses jambes", a expliqué M. Piccard aux journalistes au Caire avant le départ pour Abou Dhabi.

"Très bientôt, il y aura des passagers sur des avions électriques qui seront rechargés sur le sol", a pronostiqué M. Piccard, estimant toutefois qu'il faudra attendre avant d'en voir sur des avions solaires.

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