Pourquoi parle-t-on de sandwich grec alors qu’il est turc ?

Le kebab est généralement composé de viande grillée, servi dans du pain avec des crudités, éventuellement des frites et une sauce. [Alex Kehr / CC]

Son nom est basé sur un paradoxe. Le kebab, qui signifie «viande grillée» en turc, est aussi appelé «grec» alors que son origine n’a rien d’hellénique.

Il a en effet été inventé par Mehmet Aygün, ­immigré turc à Berlin, au début des années 1970. La confusion est née peu de temps après, quand la ­recette a franchi le Rhin. Le kebab, un sandwich à base de viande grillée à la broche – processus de cuisson né en Turquie au XVe siècle – était alors proposé à Paris par les restaurateurs d’origine grecque, implantés notamment dans le Quartier latin.

Les consommateurs ont alors rapidement nommé ce nouveau produit «sandwich grec». Cette ­erreur d’appellation s’est ensuite répandue dans le reste du pays, même si l’on utilise plus volontiers le mot «kebab» dans le sud de la France, et «döner» dans le Nord. Mais un peu comme le «pain au chocolat» et la «chocolatine», il y a toujours une guerre, notamment sur les réseaux sociaux, concernant cette appelation.

A noter, qu'à titre d'exemple, au Moyen-Orient et dans les pays du Maghreb, on ne dit pas «grec», ni «kebab» mais «chawarma». D'ailleurs, pour la petite histoire, en Grèce, on parle de pita («pain»), de kebap ou de gyros («tournant»).

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