CAN 2015 : Issa Hayatou suscite encore et toujours le débat

Issa Hayatou avec Sepp Blatter le 10 mars 2013 à Marrakech (Maroc).[FADEL SENNA / AFP]

Le récent retrait de l’organisation de la CAN 2015 au Maroc par la CAF (Confédération Africaine de Football) n’en finit plus de susciter la controverse. En ligne de mire, le Camerounais Issa Hayatou, président de la CAF, qui n’en est pas à sa première polémique.

 

Deux jours après le retrait de la CAN au Maroc, le nom du pays organisateur de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations reste un mystère. Ce, alors que la compétition doit débuter dans un peu plus de deux mois (le 17 janvier).

La volonté de la CAF de maintenir coûte que coûte le tournoi le plus prestigieux du continent africain malgré l’épidémie d’Ebola – le cap des 5.000 morts a été dépassé selon un dernier bilan de l’OMS -, a créé une vive polémique qui a dépassé les frontières de l’Afrique.

Une de plus pour Issa Hayatou, camerounais de 68 ans, président de la CAF depuis 1987 et homme de main du président de la FIFA Sepp Blatter.

 

Janvier 2010 : deux morts et quatre ans de suspension

Alors que la sélection togolaise se rend, en bus, en Angola, pour y disputer la CAN 2010, le véhicule des Eperviers est pris pour cible par les indépendantistes du FLEC (Front de Libération de l’Enclave du Cabinda) dans l’enclave angolaise de Cabinda dont ils revendiquent l’autonomie. Bilan : deux morts et huit blessés dans la délégation togolaise.

Face au drame qui l’endeuille, le Togo décide de ne pas disputer la CAN angolaise. La réponse de la CAF est cinglante : l’équipe nationale togolaise est suspendue pour les deux prochaines éditions de la CAN en raison de prétendues "interférences gouvernementales" !

Une décision aberrante qu’annule finalement Sepp Blatter en septembre 2010.

 

Octobre 2010 : une drôle de finale de Ligue des Champions

Les Corbeaux du Tout Puissant Mazembe surpassent à Lumbumbashi (RD Congo) l’Espérance Sportive de Tunis 5-0 en finale aller de la Ligue des Champions africaine. Ce jour-là, la prestation de l’arbitre togolais Kokou Djaoupe est entachée de grossières erreurs d’appréciation. Un air de corruption flotte sur la C1 africaine.

Les Tunisiens ne s’y trompent pas et au match retour, deux semaines plus tard, le public conspue le président de la CAF tout au long de la rencontre.

Les joueurs de l’Espérance refusent même de serrer la main et de saluer Issa Hayatou lors du protocole cérémonial d’après-match. Du jamais-vu.

 

Mai 2014 : des pots-de-vin versés par le Qatar ?

Le scandale éclabousse une nouvelle fois Issa Hayatou et la CAF. Le journal britannique Sunday Times rend public des éléments tendant à prouver qu’une trentaine de délégués africains auraient reçu pour 5 millions de dollars de pots-de-vin en l’échange d’un vote en faveur du Qatar, lors de l’attribution du Mondial 2022.

Malgré l’évidence des preuves – le Sunday Times a eu accès à des milliers de courriels compromettants – Issa Hayatou défend bec et ongles l’instance africaine qu’il représente.

"Je n’ai jamais reçu de M. Bin Hammam (ancien président de la Fédération du Qatar de football, Ndlr), de l’Emir du Qatar ou de tout membre de la candidature Qatari de gratifications financières afin de soutenir la candidature Qatar 2022.", explique Hayatou dans une interview parue sur le site de la CAF.

 

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