Le grand soir de Paris, par Pierre Ménès

Pierre Ménès.[A MEUNIER / ICON SPORT / POUR DIRECTMATIN]

Pierre Ménès est une figure du paysage footballistique français. Ancien reporter à L’Equipe, cette intarissable grande gueule officie aujourd’hui en qualité d’expert pour le Canal football club. Chaque vendredi, il tient sa "Grosse kronik" dans les colonnes de Direct Matin.

 

Cette soirée londonienne a si longtemps ressemblé à un cauchemar. Une rencontre où tout tournait quasiment de façon systématique contre le PSG. Face à une équipe de Chelsea si laide à voir jouer, le club de la capitale a su réussir l’exploit.On sait que je ne porte pas José Mourinho dans mon cœur. Malgré un palmarès immense et un vrai talent de meneur d’hommes, le coach portugais a aussi une part d’ombre insupportable. Cet art consommé de transformer des grands techniciens du ballon en travailleurs de l’ombre. On s’arrêtera aussi sur le cas de l’odieux Diego Costa qui était déjà un dangereux voyou avec l’Atletico Madrid et qui s’est comporté contre Paris comme le pire des provocateurs. Le fait qu’il ait terminé le match est une sorte de miracle.

Mourinho avait fait ce qu’il fallait avant le match,en faisant des tonnes sur l’agressivité des Parisiens à l’aller. Le "Mou" qui se plaint de l’agressivité. Ça serait à mourir de rire si l’arbitre n’était pas tombé dans le panneau avec délectation. On évoque évidemment le cartin rouge de Zlatan Ibrahimovic.

Paris a donc joué 90 minutes à dix contre onze. Et c’est dans un contexte si hostile que le champion de France a trouvé des ressources incroyables, dominant nettement Chelsea tout en étant infériorité numérique. Edinson Cavani a touché le poteau et lorsque Gary Cahill a ouvert le score (81e), tout le monde pensait que la soirée était bel et bien pourrie jusqu’au bout. Quelques minutes plus tard, David Luiz, d’un coup de tête rageur, offrait à Paris trente minutes d’espoir en plus. Espoir vite douché par un penalty concédé pour une faute de main de Thiago Silva. Et pourtant, à cinq minutes de la fin, Thiago Silva, redevenu "le Monstre", se vengeait en offrant la qualification au PSG.

David Luiz et Thiago Silva, la charnière qui avait fait marrer tout le monde à la sortie du Mondial brésilien. Entre un dépressif et un frisé sans rigueur, personne n’aurait misé un euro sur leur association au plus haut niveau. Leur réponse mercredi soir a été magnifique.
Et puis, comment ne pas s’attarder sur Laurent Blanc. Celui qui n’a pas d’autorité, celui qui ne sait pas faire de choix, celui qui ne fait pas travailler ses joueurs, celui qui va prendre la porte à la fin de la saison. Pour sa troisième participation à la Ligue des champions comme entraîneur, il se qualifie pour la troisième fois en quart de finale. Et qu’on ne vienne pas me parler du fric du Qatar. Pas contre Chelsea.
Beaucoup disaient qu’il s’agissait du match de l’année pour le PSG. En cas d’élimination, cela aurait effectivement été le cas. Mais l’aventure parisienne continue. Sur les quatre tableaux. Et après avoir franchi un tel obstacle, dans des conditions aussi épouvantables, Paris peut se lancer dans un sprint final infernal.

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