La fédération a gain de cause, par Pierre Ménès

Chaque vendredi, Pierre Ménès tient sa "Grosse kronik" dans les colonnes de Direct Matin. [A MEUNIER / ICON SPORT / POUR DIRECTMATIN]

La Fédération française de football a gagné la partie dans son affrontement avec la Ligue de football professionnel.

Et cette dernière n’a pas l’air maligne (en même temps, la force de l’habitude devrait l’aider). C’est donc le Conseil d’Etat qui a tranché en référé, mercredi, dans le conflit qui oppose les deux organisations depuis plusieurs mois. Il a décidé de maintenir le principe des trois relégations et promotions entre la Ligue 1 et la Ligue 2, rejetant ainsi la requête formulée par la LFP. «Le Conseil d’Etat a d’abord rappelé que les fédérations sportives sont chargées, par la loi, d’une mission de service public qu’elles peuvent soit exercer directement en définissant les règles d’organisation des compétitions, soit, pour les sports professionnels, déléguer à une ligue professionnelle qu’elles ont créée, a expliqué l’instance dans un communiqué.

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Le Conseil d’Etat a ensuite jugé que, lorsqu’elle crée une ligue professionnelle, une fédération doit s’assurer que celle-ci fait usage des pouvoirs qui lui sont ainsi délégués, dans le respect des statuts de la fédération et conformément à l’intérêt général de la discipline.» L’explication juridique est limpide. En plus, ce n’est pas la première fois que le Conseil d’Etat prend cette décision. Déjà, en août dernier, la Ligue de football professionnel avait été déjugée.

Deux montées de Ligue 2 : une injustice sportive

Cela nous a permis d’assister à des passes d’armes plus ou moins sanglantes entre le président de la LFP, Frédéric Thiriez, et le président de la FFF, Noël Le Graët, donnant une image assez navrante de l’organisation globale du football français. Le souci, c’est que Frédéric Thiriez a quand même reçu le soutien de dix-neuf des vingt clubs du championnat de France. Comme par hasard, dans ce dossier, seul Guingamp, dont Noël Le Graët est l’ancien président et qui est aujourd’hui présidé par Bertrand Desplat, le beau-fils de Le Graët, s’y est opposé.

La LFP ne dispose désormais plus d’aucun recours. Si la Ligue 1 veut instaurer ce système de deux montées et deux descentes, elle doit impérativement passer de vingt à dix-huit clubs, ce qui avait été convenu lors de l’instauration de cette bonne vieille Coupe de la Ligue. N’autoriser que deux montées de Ligue 2 est pire qu’un non-sens. C’est une injustice sportive. A ne se regarder que le nombril, l’élite oublie le verdict du terrain.

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Pour quoi ? Quelques millions d’euros de plus. Et pour quoi faire ? Recruter des Brésiliens sortant à peine de l’adolescence ? Des Norvégiens de seconde zone ? Le tout sur des pelouses infâmes avec une absence de volonté de jeu patente. Au-delà de cette petite guéguerre juridique, le football français s’éloigne du terrain et du jeu. On l’avait remarqué depuis un moment. Ce n’est pas une raison pour s’y habituer.

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