Jeune éborgné par un gomme-cogne: ouverture du procès à Nantes

Le procès d'un policier soupçonné d'avoir éborgné un adolescent de 16 ans en faisant usage d'une arme à balles souples (gomme-cogne) à longue portée lors d'une manifestation en 2007 à Nantes s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de la ville.

Les faits s'étaient produits le 27 novembre 2007, devant le rectorat de Nantes, lors d'une manifestation de lycéens opposés à la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. La victime a perdu l'usage d'un oeil.

L'arme utilisée, un LBD40, à la portée et à la précision supérieures au gomme-cogne de marque Flash-Ball, se trouvait alors en phase d'expérimentation. Ce modèle a depuis intégré la panoplie des forces de l'ordre.

Le parquet a requis un abandon des poursuites, jugeant que la responsabilité pénale du policier ne pouvait être engagée en l'espèce.

Les juges d'instruction ont toutefois estimé que "les conditions de nécessité et de proportionnalité" invoquées pour justifier le tir étaient "suffisamment discutables" pour justifier un renvoi devant le tribunal correctionnel.

Le prévenu conteste avoir tiré sur le jeune homme, même s'il ressort de l'instruction qu'il n'existe "aucun doute" sur le fait qu'il ait bien été le tireur.

Ce procès, qui s'inscrit dans une controverse récurrente sur l'emploi des armes à balles souples, est le premier concernant l'usage d'un modèle LBD40.

Un Collectif contre les violences policières, l'intersyndicale CGT-CFDT-FSU-Solidaires-SEN-Unef, la Ligue des droits de l'Homme et de la FCPE ont appelé à une manifestation devant le tribunal mercredi pour défendre le droit à manifester et dénoncer l'usage des armes à balles souples.

Les débats sont prévus sur deux jours.

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