Des patrons de chalutiers protestent à Sète contre le prix du gasoil

Une cinquantaine de patrons de chalutiers et de marins-pêcheurs étaient rassemblés mardi soir sur le port de Sète pour protester contre le surcoût induit par le prix du gasoil et ont annoncé, après une réunion infructueuse avec le préfet, partir bloquer le port de Sète.[AFP/Archives]

Une cinquantaine de patrons de chalutiers et de marins-pêcheurs étaient rassemblés mardi soir sur le port de Sète pour protester contre le surcoût induit par le prix du gasoil et ont annoncé, après une réunion infructueuse avec le préfet, partir bloquer le port de Sète.

"40 à 50 chalutiers mouillent dans le port, il n'y a pas de blocage. Les patrons et les marins-pêcheurs sont rassemblés tranquillement devant les locaux de la délégation de la mer et du littoral, où une délégation est reçue", a dit à l'AFP le commissaire Luc Tarayre, commandant la circonscription de la Sécurité publique de Sète.

"Il nous est impossible de rembourser les aides européennes perçues dans le passé. Sur ce problème se greffe depuis ces dernières semaines l'explosion du prix du gasoil qui aggrave la situation financière des propriétaires-marins, des dizaines d'entre nous vont mettre la clé sous la porte, il faut que le gouvernement nous entende et nous aide", a expliqué Raphaël Scanapiecco, joint par téléphone par l'AFP, un des patrons thoniers qui fait partie de la délégation reçue par le délégué du littoral et de la mer.

Il s'agit de marins-pêcheurs des prud'homies de Sète et d'Agde (Hérault), du Grau-du-Roi (Gard), de Port-de-Bouc et Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône), de Port-la-Nouvelle (Aude) et de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales).

Au total, 700 propriétaires de chalutiers français, dont ceux qui sont rassemblés à Sète, doivent rembourser 87 millions d'euros d'aides européennes accordées entre 2004 et 2008 pour compenser à l'époque l'augmentation énorme du prix du gasoil, déclarées illégales par la suite, a indiqué Nicolas Honoré, sous-préfet et directeur de cabinet de Claude Baland, préfet de l'Hérault.

En soirée, une délégation a été reçue par Frédéric Blua, délégué à la mer et au littoral à la direction départementale des territoires et de la mer.

"Les propositions de M. Sarkozy pour désamorcer notre action et l'invitation à nous recevoir par le ministre Bruno Le Maire le 19 mars à Paris sont insuffisantes", a précisé à l'AFP Pierre d'Acunto, major de la prud'homie de Sète, à l'issue de cette réunion.

"Les marins-pêcheurs venus ce soir à Sète avec l'espoir d'être entendus sont très déçus et très remontés. Nous allons bloquer le port de Sète dès maintenant avec les bateaux déjà dans le port, des chalutiers affluent d'autres ports, notamment de Port-la-Nouvelle", a-t-il ajouté.

"Nous sommes trois responsables de la délégation à entamer une grève de la faim dès maintenant dans les locaux de la direction des territoires et de la mer de Sète", a-t-il encore annoncé.

Une source policière a confirmé à l'AFP, peu après 22H30, que des bateaux se mettaient en place pour le blocus dans le port de Sète.

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