Santé:bilan mitigé pour les réformes

Pénurie de médecins dans certaines régions, réforme du secteur hospitalier, déremboursements de médicaments: le monde médical a connu d'importantes évolutions en cinq ans, qui n'ont pas forcément facilité l'accès aux soins, selon plusieurs études et experts.[AFP/Archives]

Pénurie de médecins dans certaines régions, réforme du secteur hospitalier, déremboursements de médicaments: le monde médical a connu d'importantes évolutions en cinq ans, qui n'ont pas forcément facilité l'accès aux soins, selon plusieurs études et experts.

La réforme emblématique du quinquennat portée en 2009 par Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé est la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoire) qui a profondément modifié le paysage médical, en particulier l'organisation des soins à l'hôpital.

Contestée par les médecins libéraux comme hospitaliers, elle a notamment instauré les ARS (agences régionales de santé) qui rassemblent au niveau régional l'ensemble des compétences de santé.

Par ailleurs, la T2A (tarification à l'activité) qui conditionne le financement des hôpitaux au volume de leurs activités, a été étendue.

Mais l'objectif d'atteindre l'équilibre des comptes d'exploitation dans les hôpitaux pour 2012 n'a pas été tenu, même si le ministère de la Santé constate des "améliorations". Et l'engorgement des urgences persiste, voire s'aggrave.

Le gouvernement a toutefois résolu le problème des RTT accumulées par les médecins hospitaliers en leur offrant la possibilité de se les faire payer, de les prendre ou de les épargner pour leur retraite.

Il s'est aussi attaqué aux déserts médicaux, en créant des maisons de santé ou en instaurant des mesures incitatives à l'efficacité relative. Dans ce but, il a aussi augmenté le numerus clausus, un quota qui définit en fin de première année de médecine le nombre d'étudiants à former.

Pour autant, les disparités subsistent et "les inégalités d'accès aux soins s'accroissent dans nos territoires", relevait récemment un rapport parlementaire.

Selon un sondage réalisé au mois de décembre par l'institut Viavoice, 63% des Français jugent que les médecins généralistes sont mal répartis sur le territoire.

Autre fait marquant du quinquennat: la politique de déremboursements de médicaments s'est accélérée. De nouveaux déremboursements sont d'ailleurs inscrits dans le budget de la sécu 2012, qui prévoit 2,7 milliards d'économies et un déficit de près de 6 milliards pour la branche maladie.

Dès lors, avec l'extension des franchises aux boîtes de médicaments et aux actes paramédicaux, le reste à charge pour les patients s'accroît.

Sans compter l'explosion des dépassements d'honoraires qui atteignent 2,5 milliards d'euros par an. Reste à savoir si la création cette semaine d'un secteur optionnel, qui vise à mieux les encadrer, permettra d'y remédier.

Les ménages subissent aussi l'augmentation des cotisations des complémentaires, liée à la création d'une nouvelle taxe sur les contrats de santé "solidaires et responsables".

"Le reste à charge pour les patients, qu'il soit direct ou via les cotisations des mutuelles, pour les soins courants, s'est dégradé", estime Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé à Sciences Po.

Alors, certains retardent leurs soins quand ils n'y renoncent pas purement et simplement, comme le montrent de nombreuses études. Selon un sondage CSA du mois de septembre, près d'un tiers des Français (29%) a renoncé à se soigner ou a reporté des soins faute de moyens au cours des mois précédents, contre 11% seulement il y a deux ans.

Les professions libérales de santé estiment quant à elle qu'un patient sur deux (53%) repousse certains soins pour des raisons économiques, selon une étude commandée par la société financière CMV Médiforce.

"Sur ce point-là, on constate une dégradation, toutes les enquêtes le montrent, il y a une forte augmentation du renoncement aux soins. C'est très problématique", confirme M. Tabuteau.

Vous aimerez aussi

Une partisane de l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pendant une manifestation de soutien à l'ex-chef de l'Etat le 15 août 2018 à Brasilia [EVARISTO SA / AFP/Archives]
Élections L’ONU appelle le Brésil à autoriser Lula à se présenter à la présidentielle
Élection présidentielle au Mali : un second tour qui semble joué d'avance
Élections Présidentielle au Mali : un second tour qui semble joué d'avance
Le président-élu colombien Ivan Duque pendant la présentation de son livre "L'Archéologie de mon père" à Medellin, en Colombie le 10 juillet 2018 [JOAQUIN SARMIENTO / AFP]
Présidentielle Ivan Duque investi président de Colombie

Ailleurs sur le web

Derniers articles