Les familles des victimes implorent de pas diffuser la vidéo

Studios d'Al-Jazeera au Qatar[JOSEPH BARRAK / AFP]

Latifa Ibn Ziaten, la mère du premier parachutiste tué par Mohamed , en larmes, a imploré mardi la chaîne Al-Jazeera de ne pas diffuser les images filmées par le tueur au scooter.

"Je leur demande de ne pas montrer les images. C'est mon fils qui est mort, un enfant de 30 ans. Et on veut le montrer comme si c'était un film. S'il vous plaît, je ne veux pas voir ça", a dit à l'AFP cette femme de 52 ans, en larmes. "On était prêt à aller se recueillir sur la tombe d'Imad. J'ai pas besoin de ça, ils n'ont pas le droit de faire ça, c'est pas normal. On a assez souffert", a-t-elle dit.

Joints par téléphone au Morac, Latifa Ibn Ziaten et sa famille en appellent à l'émir du Qatar, au roi du Maroc et au président Nicolas Sarkozy pour empêcher la diffusion de ces images. Le parachutiste d'origine marocaine abattu le 11 mars à Toulouse a été enterré dimanche à M'Diq, dans le nord du Maroc.

La mère d'Imad Ibn Ziaten, qui selon la tradition n'avait pas assisté à l'enterrement, se rendait sur la tombe de son fils quand des amis l'ont appelée pour lui apprendre que la chaîne d'information n'avait pas exclu de diffuser le document, reçu par son bureau parisien la semaine dernière.

Pour sa part, l'oncle d'Aaron Bijaoui, grièvement blessé lors de l'attaque du groupe scolaire juif Ozar Hatorah, s'est dit "choqué" et "révolté" par l'éventualité d'une diffusion. "Ca n'a aucun intérêt si ce n'est de choquer les gens et de leur faire du mal", a-t-il dit à l'AFP. "Si jamais on les diffuse, (Mohamed Merah) aura gagné jusqu'au bout", a jugé M. Bijaoui.

"Penser qu'Al-Jazeera puisse diffuser cette vidéo, c'est purement abject, ça a un nom: c'est de l'apologie du terrorisme", s'est insurgé Marc Sztulman, secrétaire général du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF) de Midi-Pyrénées. "On utilisera tous les moyens légaux pour que ça ne sorte pas", a-t-il assuré.

La famille de Jonathan Sandler, lui assassiné avec ses deux enfants par Mohamed Merah le 19 mars, a appelé mardi les médias à ne pas diffuser le montage vidéo des actes du tueur au scooter reçu par le bureau parisien d'Al Jazeera, selon son avocat, Me Patrick Klugman. "La famille appelle tous les médias à ne pas diffuser la vidéo et à respecter leur douleur et leur deuil", a déclaré Me Klugman à l'AFP. "Nous allons entreprendre tous les moyens judiciaires possibles pour empêcher toute diffusion".

Le tueur au scooter Mohamed Merah n'est pas l'expéditeur du montage vidéo de ses crimes reçu par la poste au bureau parisien de la chaîne Al Jazeera, que la police a entre les mains depuis lundi, a-t-on appris par ailluers mardi de source policière.

Les enquêteurs recherchaient mardi qui avait pu poster mercredi dernier ce courrier, contenant notamment une clé USB, mais, selon les premiers éléments de l'enquête, ce "ne peut être Mohamed Merah", a-t-on précisé de même source. Les policiers ont localisé le lieu où a été posté ce courrier, qui contient une lettre de revendication manuscrite de la main de Mohamed Merah et a été envoyé "en dehors de Toulouse", a précisé la source.

Les enquêteurs tentent d'identifier un "troisième homme", qui aurait pu prendre part avec les frères Merah au vol du scooter utilisé par Mohamed Merah lors des tueries de Toulouse et Montauban, ont par ailleurs indiqué à l'AFP des sources proches de l'enquête.

Une des sources a précisé que cet homme, qui n'a pas été identifié, était peut-être impliqué dans un autre épisode précédant les tueries, comme l'achat d'accessoires de moto pour Mohamed Merah, ou d'avoir tenté d'obtenir des renseignements sur la manière de neutraliser le "traqueur" du scooter. Les enquêteurs continuent de privilégier la thèse d'un acte isolé de Mohamed Merah avec éventuellement la complicité de son entourage proche, en particulier son frère Abdelkader Merah, qui a reconnu en garde à vue avoir été présent lors du vol.

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