Les pharmaciens bientôt rémunérés pour leurs conseils

Les pharmaciens, rétribués selon le prix et le volume des médicaments vendus, seront désormais rémunérés aussi pour les conseils dispensés ou le suivi de certains patients, comme le prévoit une nouvelle convention négociée entre l'assurance maladie et les syndicats.[AFP/Archives]

Les pharmaciens, rétribués selon le prix et le volume des médicaments vendus, seront désormais rémunérés aussi pour les conseils dispensés ou le suivi de certains patients, comme le prévoit une nouvelle convention négociée entre l'assurance maladie et les syndicats.

"On est sur un vrai changement du métier de pharmacien", a déclaré à l'AFP Gilles Bonnefond, secrétaire général de l'USPO (Union des syndicats de pharmaciens d'officine), à l'issue d'une ultime séance de négociations qui s'est achevée jeudi à l'aube.

"Nous sommes parvenus à un accord de principe après avoir obtenu des arbitrages" du ministère de la Santé, a-t-il précisé.

La signature officielle pourrait intervenir dans les prochains jours, précise l'assurance maladie, pour laisser le temps aux syndicats de se déterminer.

La loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoire) votée en 2009 avait officialisé de nouvelles missions pour les pharmaciens comme le conseil ou l'accompagnement, qui avaient été inscrites dans le budget de la sécu 2012. La nouvelle convention vise à encadrer leur rémunération, sans rien changer pour le patient.

Les 22.000 officines reçoivent actuellement une rémunération au forfait (0,53 centime par boîte) auquel s'ajoute un pourcentage du prix de vente.

Ce pourcentage est de 26,1% pour les médicaments de moins de 22,90 euros, 10% entre 22,90 et 150 euros et 6% au-delà de 150 euros.

Mais ce mode de rémunération ne tient pas compte du temps passé avec certains patients, des conseils dispensés, des missions de prévention ou de dépistage.

Autre souci: de nombreuses officines ont été touchées par la baisse du prix des médicaments d'où la nécessité pour elles de moins dépendre du volume et des prix.

M. Bonnefond estime que 30% d'entre elles ont un découvert bancaire.

Anticoagulants et asthme

La nouvelle convention prévoit des "honoraires de dispensation" pour les conseils du pharmacien sur la posologie, les modalités de conservation du médicament, la durée du traitement ou encore les effets indésirables et les interactions.

Ces honoraires s'appliqueraient par exemple dans le cadre de la prévention sur la pilule du lendemain ou les traitements substitutifs à la drogue.

Un avenant doit en préciser le financement et les modalités d'ici fin 2012, selon le projet de convention consulté par l'AFP.

L'objectif est qu'un quart de la rémunération des pharmaciens soit constitué de ces honoraires d'ici cinq ans (12,5% dès 2013).

Le pharmacien assurera par ailleurs des "entretiens pharmaceutiques", d'abord pour les patients prenant des anticoagulants et une partie des 4,5 millions de personnes souffrant d'asthme.

Les premiers entretiens commenceront le 1er janvier 2013 pour les anticoagulants et le 1er juillet 2013 pour l'asthme, selon Philippe Gaertner, président de la fédération des syndicats pharmaceutiques de France.

"C'est le patient qui décidera d'y adhérer" dans le cadre d'un protocole avec le médecin de son choix, a-t-il expliqué. Les pharmaciens recevront un forfait par an et par patient (40 euros pour les anticoagulants).

Enfin, ils seront aussi rémunérés en fonction de la part de génériques délivrés ou de la dématérialisation des ordonnances, des objectifs mis en oeuvre dès la parution de la convention au Journal officiel.

Etant donné la faible marge de manoeuvre de la sécurité sociale, le financement de toutes ces mesures se fera à enveloppe constante grâce à des économies obtenues par la vente de médicaments génériques, selon M. Bonnefond.

Ce nouveau mode rémunération est aussi une façon pour les pouvoirs publics de pallier les déserts médicaux, les pharmacies étant bien réparties contrairement aux cabinets de médecins.

Vous aimerez aussi

Automobile Blanquefort : Ford préfère fermer l'usine plutôt qu'une reprise
Pauvreté : encore un problème majeur en France en 2018
Social Pauvreté : encore un problème majeur en France en 2018
Social Grève du mardi 9 octobre : quelles perturbations à la SNCF et la RATP ?

Ailleurs sur le web

Derniers articles