Les Français regrettent la hausse de la TVA sur les livres

Libraires et clients-lecteurs sont navrés par l'entrée en vigueur de la hausse de la TVA à 7% sur les livres, critiquant à la fois l'augmentation du prix des ouvrages, la surcharge de travail pour les libraires et la confusion créée chez les clients.[AFP/Archives]

Libraires et clients-lecteurs sont navrés par l'entrée en vigueur de la hausse de la TVA à 7% sur les livres, critiquant à la fois l'augmentation du prix des ouvrages, la surcharge de travail pour les libraires et la confusion créée chez les clients.

"Etiqueter des milliers de livres, c'est pénible, une activité d'un intérêt nul, est-ce le rôle d'un libraire alors qu'il est plutôt là pour conseiller, orienter ou guider ?", s'interroge David Houte de la Librairie des Abbesses dans le 18ème arrondissement parisien.

Alors que le prix unique permettait de s'éviter cette corvée, puisque le montant à payer était directement imprimé par l'éditeur au dos des livres, cette nouvelle mesure contraint les libraires à inscrire les nouveaux prix.

Pour cette "petite" librairie (45 mètres carrés), pas moins de 14.000 livres doivent ainsi être étiquetés. Ce travail de fourmi est progressif et de nombreux clients s'étonnent en arrivant à la caisse. "Mais c'est marqué 20 euros !".

L'épaisse biographie était effectivement à 20 euros, mais quand la TVA était encore à 5,5%. Elle dépasse maintenant les 22 euros.

"Depuis ce matin, j'ai expliqué déjà plusieurs dizaines de fois le pourquoi du comment de la hausse, les clients ne réchignent pas à payer, mais c'est pénible", explique un vendeur de la grand librairie Cino del Duca sur les Grands Boulevards, à deux pas de l'Opéra. "Finalement, ce sont les touristes qui posent le moins de questions", souligne-t-il.

Problèmes pour les petites surfaces

Economiquement, la mesure pose les problèmes les plus sérieux aux petites surfaces, notamment dans les régions. "Le gros problème de la librairie, ce n'est pas tant les stocks, que la trésorerie et cette hausse de la TVA va inévitablement poser cette problématique", estime un "petit" libraire de Seine-et-Marne, préférant ne pas être nommé "par souci de masquer (ses) difficultés".

Les libraires ont déjà subi un repli des ventes de 3 à 5% en 2011 en raison de la crise. Ils vivent sur des marges moyennes très faibles d'environ 0,7%, certains devant se contenter d'un petit 0,3%.

En Ile-de-France, un fonds de soutien aux librairies indépendantes, doté de 250.000 euros, est mis en place pour 2012 afin d'aider ces commerçants à faire face à la hausse de la TVA.

Les grands enseignes, membres du Syndicat des distributeurs de biens culturels (SDLC, Virgin, FNAC, Starter, Cultura, Le Furet du Nord et Decitre) avaient protesté "vigoureusement" contre ce relèvement de la TVA. Aujourd'hui, l'ensemble des professionnels, petits et grands, semblent résignés.

"On n'a pas encore subi réellement le contrecoup de l'arrivée du numérique, dont on parle pourtant beaucoup", estime David Houte.

"L'intérêt économique est moyen, on a la chance d'être une librairie qui marche bien, mais cette mesure navrante a aussi une valeur symbolique, on pénalise le travail de la pensée", considère le libraire des Abbesses, ajoutant: "Les clients nous souhaitent +bon courage+".

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