Pepy appelé auprès de la dépouille de Descoings

Guillaume Pepy, patron de la SNCF, a été appelé par Nadia Descoings, l'épouse du directeur de Sciences Po Paris décédé mardi à New York, pour qu'il se rende dès que possible sur les lieux du drame, a appris l'AFP mercredi de sources proches de la famille.[AFP]

Guillaume Pepy, patron de la SNCF, a été appelé par Nadia Descoings, l'épouse du directeur de Sciences Po Paris décédé mardi à New York, pour qu'il se rende dès que possible sur les lieux du drame, a appris l'AFP mercredi de sources proches de la famille.

"Compte tenu de l'amitié très proche qui lie M. Pepy à la famille Descoings", et alors qu'il se trouvait à Montréal depuis mardi matin pour des raisons professionnelles, il lui a été demandé de se rendre à New York pour accueillir l'épouse et les enfants de M. Descoings, qui doivent arriver mercredi dans l'après-midi.

Ces informations ont été confirmées à l'AFP par la SNCF.

Selon la police de New York, il n'y a pas de "preuve d'acte criminel" concernant la mort du directeur de Sciences Po Paris Richard Descoings dans un hôtel de Manhattan.

Le désordre dans la chambre d'hôtel où le corps a été retrouvé était dû aux secours, qui ont cherché à ranimer M. Descoings après l'avoir découvert mort vers 13H00 locales. Le corps de M. Descoings "ne portait pas de signe évident de traumatisme", selon Paul Browne, chef adjoint de la police de New York..

La police a toutefois ouvert une enquête.

Selon NBC, l'ordinateur portable et le téléphone de M. Descoings ont été jetés par la fenêtre de sa chambre qui se trouvait au 7e étage, et retrouvés sur un palier du 3e étage.

La police a précisé qu'elle attendait de connaître les conclusions du médecin légiste, pour se prononcer sur les raisons de la mort de M. Descoings, qui se trouvait à New York pour participer à une conférence à l'université Columbia.

Après avoir évoqué "la possibilité que d'autres personnes se soient trouvées dans la chambre à un moment donné", M. Browne s'est ensuite refusé à tout commentaire sur le sujet.

Selon M. Browne, M. Descoings a été vu vivant pour la dernière fois à 10H30. Alors que M. Descoings aurait du quitter l'hôtel à 9H00 avec des collègues pour sa conférence, à 10H30, "il dormait" selon M. Browne.

Son corps a quitté l'hôtel peu avant 23H00 mardi soir, a constaté l'AFP.

M. Descoings devait représenter l'Europe dans une réunion de grands leaders d'universités, sous l'égide du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui s'est dit dans la soirée "profondément attristé" par cette mort.

Le président Nicolas Sarkozy a rendu hommage à "un grand serviteur de l'Etat" et le chef de la diplomatie Alain Juppé a fait part de sa "très vive émotion" en saluant "un infatigable acteur du rayonnement universitaire de notre pays dans le monde".

M. Descoings a "en 16 années de direction, accompli une oeuvre extraordinaire qui a profondément transformé Sciences Po. La ferveur des étudiants pour leur directeur était exceptionnelle et marquera très durablement l'institution", ont précisé deux figures historiques de Sciences Po, Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau dans un communiqué.

François Hollande, candidat PS à l'Elysée, apprenant ce décès avec "une grande tristesse et émotion" a salué l"'une des figures les plus importantes et les plus reconnues du monde éducatif et universitaire".

Le ministre de l'Education, Luc Chatel, a estimé que la France a perdu "un esprit visionnaire" qui "a révolutionné notre enseignement supérieur",

Le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez a lui évoqué "un ami" qui a fait prendre à Sciences Po "les grands tournants stratégiques qui s'imposaient".

Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, s'est dit "bouleversé" par la disparition d'"un grand Français qui transformé, modernisé" Sciences Po "pour en faire une école performante au niveau international".

En quatre mandats, M. Descoings a fait passer cette école qui forme une partie des élites françaises de 4.500 à 10.000 étudiants et multiplié les réformes: ouverture à des élèves de familles pauvres, aux étudiants étrangers (40% du total actuel), création de six campus en province, hausse des droits d'inscription tempérée par des bourses, etc.

Encore récemment, il faisait voter une réforme d'ampleur du concours d'entrée, avec notamment la suppression de l'emblématique épreuve de culture générale.

M. Descoings n'avait pas peur de créer la polémique, comme quand il a ouvert en 2001 l'IEP aux lycéens de "Zep", et il aimait les défis, comme celui relevé en 2009 à la demande de Nicolas Sarkozy en relançant la réforme des lycées.

Mais il avait aussi dû se justifier, après une polémique sur son salaire (24.000 euros nets par mois) et sa prime variable.

Dans un entretien à Libération le 31 janvier, il avait appelé notamment à ce que les présidents d'universités françaises soient mieux payés.

Dans cet entretien, il déclarait aussi "on a fait mon outing forcé (...) Je ne vois pas ce que ma prétendue homosexualité a à voir. C'est en plus survenu à l'occasion de mon mariage. Que répondre? Que je ne suis pas homosexuel? Non, rien".

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