Arrivée des métallos d'Arcelor au pied de la Tour Eiffel

Partis à pied de Gandrange, les métallos d'Arcelor sont arrivés au pied de la Tour Eiffel à Paris.[FRED DUFOUR / AFP]

Partis à pied le 28 mars de Lorraine, les métallos de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) achèvent vendredi sous la Tour Eiffel leur "marche de l'acier" pour "défendre leurs emplois auprès des populations", sur fond de polémique avec Nicolas Sarkozy.

Les 17 marcheurs, syndiqués ou non, ont parcouru plus de 300 kilomètres, traversant notamment Belleville-sur-Meuse (Meuse), Château-Thierry (Aisne) ou La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), pour arriver symboliquement vendredi vers 16H30 au pied de la "dame de fer", faite d'acier de Lorraine.

Rejoints en début d'après-midi par une trentaine de militants syndicaux, ils ont défilé pour une dernière étape de 7 km de la place de la République au Champ de Mars.

"Les sidés sont arrivés", "l'acier lorrain vivra", scandaient-ils. L'un d'eux, un retraité de Florange de 61 ans, a souligné "l'aventure humaine" vécue par les métallos.

"L'idée était de nous battre pour sauver notre usine en danger et des milliers d'emplois. On a eu un vent de sympathie extraordinaire et on s'est rendu compte que notre combat dépassait largement les frontières de Florange, ce fleuron de l'industrie", a déclaré à l'AFP Edouard Martin, délégué CFDT.

"Beaucoup de Français se sont reconnus et ont dû se dire: +On est tous des ArcelorMittal en puissance+, car bien que l'entreprise (...) soit compétitive, ça ne suffit même pas pour la maintenir en marche, puisque tous ces ayatollahs de la finance estiment que c'est toujours moins cher ailleurs", a-t-il dit.

Les marcheurs ont dormi dans des gymnases, des salles de fêtes, reçu des encouragements d'anonymes.

"On a des ampoules, mais on les soigne tous les soirs. Là, c'est le mental qui fait tout maintenant", a témoigné Jacques Minet, l'un des marcheurs.

Après la visite houleuse mi-mars des métallos dans la capitale, et les échauffourées avec les forces de l'ordre alors qu'ils voulaient se rendre devant le QG de campagne de M. Sarkozy, ils veulent une manifestation calme.

Sous la tour Eiffel, un "gros rassemblement" était prévu, ponctué par un concert à 19H00 avec notamment Bernard Lavilliers. Quinze bus ont quitté la Lorraine au petit matin et d'autres salariés devaient rejoindre la capitale en train.

Pour Alain Gatti (CFDT), "le mouvement a été hyper-responsable" contrairement à ce qu'a laissé entendre M. Sarkozy en accusant les responsables syndicaux CGT et CFDT d'être "venus (l)'insulter et essayer de casser (son) siège de campagne".

"Si on dérape, si on casse, on perd toute la sympathie qu'il peut y avoir autour", a-t-il ajouté, assurant que les salariés avaient "compris" cet enjeu.

En engageant leur combat pour préserver le maintien du site et les quelque 2.500 CDI, dont plusieurs centaines sont aujourd'hui en chômage partiel, les syndicats avaient promis de faire de Florange "le cauchemar du gouvernement" si les deux hauts-fourneaux de l'aciérie, en sommeil depuis plusieurs mois, n'étaient pas remis rapidement en route.

Cette mise en veille, "l'arrêt de mort du site" selon eux, n'est que temporaire, assure ArcelorMittal, et due à la demande mondiale d'acier en berne.

Après "les promesses non tenues" de M. Sarkozy en 2008 à Gandrange --site industriel voisin finalement fermé en 2009--, Florange est devenu un terrain d'affrontement politique, impliquant aussi les représentants syndicaux.

Après s'en être pris à la CGT, le président-candidat a critiqué cette semaine "les permanents de la CFDT" qui "trahissent la confiance des salariés".

"Les syndiqués ne seraient pas des ouvriers à par entière?, rétorque vendredi M. Martin.

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