Un Corse blessé par balles à l'hôpital

Des ambulanciers travaillent, le 28 mai 2012 au centre hospitalier de Bastia, devant la chambre d'Olivier Sisti[AFP]

Un restaurateur corse a été grièvement blessé par balles lundi à Bastia, sur son lit d'hôpital, une semaine après une première tentative d'assassinat, selon un scénario de film noir ajoutant à la violence qui ensanglante depuis 18 mois la région convoitée de la Plaine orientale.

Selon le préfet de Haute-Corse qui s'est rendu sur place, Olivier Sisti, 37 ans, atteint à quatre reprises mais dont le pronostic vital n'est pas engagé, a été évacué par avion sanitaire vers un hôpital de Nice.

Le 21 mai, il avait déjà été pris pour cible alors qu'il roulait au volant de sa voiture près de son domicile à Aléria, au sud de Bastia, après une précédente tentative d'assassinat en 2010.

D'après les premiers éléments de l'enquête, confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Corse, deux hommes à moto sont arrivés vers 04H45 sur le parking de l'hôpital de Bastia, où la victime séjournait dans une chambre de réanimation au rez-de-chaussée de l'établissement, l'appareillage nécessaire aux soins ne pouvant être déplacé selon le préfet.

L'un des malfaiteurs, descendu de la moto, a collé une arme automatique de calibre 9 mm sur une vitre donnant sur la chambre et a ouvert le feu en direction du lit, sans doute au jugé car la pièce était faiblement éclairée. Quatorze impacts ont été relevés partout à l'intérieur de la chambre, selon le préfet.

Celle-ci était gardée, côté couloir, par deux policiers, tandis que l'accès extérieur était surveillé par des rondes. Aux premiers coups de feu, les fonctionnaires ont éteint la lumière, le tireur continuant de tirer à l'aveugle.

"L'enquête judiciaire devra déterminer comment les tueurs savaient que la victime se trouvait dans cette chambre précisément et comment était organisé le système de garde", a souligné le préfet, précisant que les mesures de sécurité à Nice seraient prises par son homologue des Alpes-Maritimes.

Il y a une semaine, M. Sisti avait été blessé au visage et à la main par des décharges de chevrotines tirées à travers la vitre de sa voiture, dont il avait eu la force de garder le contrôle jusqu'au centre de secours d'Aléria. Les pompiers lui avaient prodigué là de premiers soins avant de le transférer à l'hôpital de Bastia.

En octobre 2010, ce commerçant, connu des services de police notamment pour une affaire d'extorsion de fonds en 2005, avait été victime d'une première tentative d'assassinat par arme à feu, à Ghisonaccia, où se trouve son restaurant, touché alors au thorax et aux jambes.

Les homicides ou tentatives d'homicide à l'hôpital, modus operandi qui rappelle un épisode du Parrain, sont assez rares, avec un précédent ancien en Corse et un autre plus récent près de Marseille: en septembre 2007 dans une clinique d'Aubagne, un homme de 65 ans avait été tué dans sa chambre au fusil de chasse en marge de l'affaire du Cercle Concorde.

Cette affaire intervient alors que la région de la Plaine orientale, objet de vives convoitises depuis quelques années en matière d'immobilier et de tourisme, a déjà connu six homicides depuis 18 mois, dont le double meurtre, à Quinzena (Haute-Corse), de Jo Sisti, un ancien responsable nationaliste sans lien de famille avec Olivier Sisti, et de son beau-frère Jean-Louis Chiodi.

Face à cette flambée de violence, le 28 avril, de 500 à 1.000 personnes avaient effectué une marche silencieuse, à Ghisonaccia, les familles endeuillées déplorant, dans un texte, "l'absence de résultats des enquêtes policières et le peu de moyens des enquêteurs".

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