L'indemnisation de Loïc Sécher mise en délibéré

Loïc Sécher retrouve le 1er juillet 2011 à Belligné (ouest), son comité de soutien, après avoir été acquitté par la cour d'assises de Paris à l'issue de son procès en révision pour viols[AFP/Archives]

La décision sur le montant de l'indemnisation qui sera accordée à l'ancien ouvrier agricole Loïc Sécher, acquitté en révision fin juin 2011 après avoir passé sept ans derrière les barreaux pour viols, a été mise en délibéré au 25 septembre prochain lors de l'audience vendredi à la cour d'appel de Rennes.

Globalement, les défenseurs du condamné, totalement innocenté par la cour d'assises d'appel de Paris en juin 2011, ont réclamé une somme de 2,4 millions d'euros pour l'essentiel au titre des préjudices moral et matériel, alors que le défenseur de l'agence judiciaire du Trésor a proposé une indemnisation de l'ordre de 600.000 euros.

"Je suis très déçu de ne pas avoir reçu de provision. Je vais continuer avec la survie", a déclaré à l'issue de l'audience Loïc Sécher qui avait entrepris, début juin, plusieurs actions publiques pour dénoncer ses conditions matérielles d'existence dues à l'absence d'indemnisation.

Lors de l'audience vendredi, le premier président de la cour d'appel Philippe Jeannin a évoqué une "indemnisation qui ne sera jamais parfaite" et qui ne réparera pas "le prix de la liberté".

De son côté, Me Alice Cohen-Sabban, du cabinet Dupont-Moretti, a appuyé sa demande notamment par les conditions de détention très éprouvantes subies par son client qui s'est trouvé dans "une situation cauchemardesque (..) détruit, broyé, par le système", ainsi que par les failles de l'enquête et les défaillances des experts.

Condamné en 2003 à 16 ans de réclusion pour des viols et agressions sexuelles dont l'avait accusé Emilie, une adolescente de 14 ans, qui s'est rétractée en 2008, M. Sécher a vu sa condamnation annulée en 2010. Il est sorti de prison en avril 2010.

Après son acquittement par la cour d'assises d'appel de Paris, l'ancien détenu avait déclaré : "Je repars dimanche dans le Finistère où je vis avec le RSA de la CAF de Quimper (...). Je suis donc à l'heure actuelle sans projet pour des raisons qui sont d'ordre financier".

"Je me sentirai vraiment libre quand j'aurai obtenu (en indemnités, ndlr) au minimum ce que j'avais acquis avant ma mise en examen".

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