Tuerie de Guyane : huit suspects recherchés jusqu'au Suriname

Des soldats français portent le cercueil d'un des gendarmes tués, à Cayenne, le 2 juillet 2012[AFP]

La gendarmerie de Cayenne recherche huit suspects d'origine brésilienne, en coopération avec les autorités du Suriname, dans le cadre de l'enquête sur la mort de deux militaires français tués lors d'une opération de lutte contre l'orpaillage illégal en Guyane.

La gendarmerie de Cayenne a transmis aux autorités du Suriname une fiche de police de huit hommes jeunes, suspectés d'être les auteurs de l'embuscade mortelle tendue aux militaires et gendarmes français le 27 juin dans la zone aurifère guyanaise de Dorlin (ouest).

"Nous avons transmis cette liste aux autorités du Suriname avec lesquelles nous travaillons en très étroite collaboration", a déclaré à l'AFP le Colonel Bruno Phalippou, commandant en second de la gendarmerie de Cayenne.

"Nous ne sommes pas face à l'inconnu dans cette enquête. Nous connaissons cette bande, leur identité, on a tout sur eux" a-t-il poursuivit faisant état de renseignements d'identité fournis par les autorités du Brésil.

30 orpailleurs illégaux brésiliens ont été arrêtés en début de semaine au Suriname face à l'immense commune française de Maripasoula (18.000 km2) où est située la zone de Dorlin, à l'issue d'un déploiement de force de police et militaire jugé "sans précédent" par les gendarmes français.

Toutefois, selon le commandant Phalippou, "l'auteur principal présumé des faits ne fait pas partie des personnes arrêtées au Suriname cette semaine" et il ne serait actuellement "pas au Suriname" a-t-il ajouté à l'AFP sans confirmer le fait qu'il serait toujours en Guyane.

Cet homme, Ferreira Manoel Moura alias Manoelzihno, âgé de 25 ans serait le chef du gang que les enquêteurs recherchent. Il est également soupçonné de meurtre par la justice du Suriname.

Son gang est suspecté d'avoir pris le contrôle d'un site d'orpaillage par la violence en janvier en tuant une bande rivale connue pour les mêmes méthodes.

Les deux militaires tués le 27 juin par des armes de guerre appartenaient au 9e RIMa, engagé dans les opérations "Harpie" contre l'orpaillage clandestin. Deux gendarmes ont été aussi grièvement blessés.

Les militaires revenaient à pied sur les lieux où, trois heures plus tôt, un hélicoptère EC-145 de la gendarmerie avait essuyé des tirs entraînant son repli à Maripasoula distante de 60 km. Cet hélicoptère, un des deux seuls de la gendarmerie, est depuis toujours immobilisé.

En début de semaine, le général Bernard Metz, commandant des forces armées en Guyane, avait fait état de "pertes" chez ces orpailleurs sur la base des témoignages militaires.

Les autorités françaises ne sont pas encore retournées sur les lieux de l'embuscade.

L'enquête sur le meurtre des deux marsouins a été confiée à la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Fort-de-France (Martinique) qui devrait se rendre en Guyane la semaine prochaine a-t-on appris auprès du parquet de Fort-de-France.

Les auteurs de cette embuscade mortelle sont recherchés pour "meurtres en bande organisée et association de malfaiteurs", a-t-on précisé de même source.

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