Affaire Merah : le CSA va auditionner TF1, I-Télé et BFMTV

Des policiers près de l'appartement de Mohamed Merah à Toulouse, au moment de l'assaut du Raid le 22 mars 2012.[PASCAL PAVANI / AFP]

Au lendemain de la diffusion d'extraits de la conversation de Mohamed Merah avec des négociateurs du RAID par TF1, un avocat met directement en cause la DCRI et un autre service de police qu'ils soupçonnent d'avoir fait fuiter les enregistrements.

Mardi, le CSA auditionnera les dirigeants de TF1, I-Télé et BFMTV. 

Me Jean Tamalet, qui défend Atim Ibn-Ziaten, frère du premier militaire assassiné par Mohamed Merah, a annoncé son intention de porter plainte pour violation du secret de l'instruction, après la diffusion par TF1 des extraits audio des dialogues de Merah avec la police lors du siège de son appartement les 21 et 22 mars.

L'avocat a noté que ces enregistrements n'avaient toujours pas été versés au dossier d'instruction et n'avaient donc pas été transmis aux avocats.

"Cet enregistrement (...) n'est actuellement physiquement sur son support détenu que par la police scientifique (...) et par les services en charge de l'enquête", c'est-à-dire la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et la Sous-direction antiterroriste (SDAT), a déclaré Me Tamalet. "On ne peut que s'interroger sur la source qui a pu transmettre cet enregistrement à TF1", a-t-il ajouté.

"Une guerre de service"

"Sans vouloir jeter de l'essence sur les braises encore ardentes de la guerre entre les services, est-ce qu'on ne peut pas légitimement, en tout cas c'est le cas pour les familles des victimes, s'interroger et se demander si c'est la DCRI, la SDAT ou le laboratoire de police scientifique qui a eu à un moment ou un autre intérêt (...) à transmettre la copie à la presse", a-t-il dit.

L'avocat s'est aussi interrogé sur le conflit d'intérêts posé par le fait que la DCRI soit chargée de l'enquête.

"Les familles se demandent pourquoi la DCRI est en charge de l'enquête et s'il n'y a pas quelque chose d'incestueux là-dedans", a-t-il dit, notant qu'il était d'un côté "normal" que ce service enquête sur une "affaire de terrorisme".

"Mais c'est une affaire un peu particulière dans laquelle elle (la DCRI) est -à tort ou à raison, ça l'instruction le dira- peut-être mise en cause en tout cas sur des manquements éventuels, sur des manquements administratifs ou autres, sur la manière dont Mohamed Merah -si jamais il était réellement en lien avec eux- a été traité et si le drame aurait pu ou non être évité", a-t-il poursuivi.

"La meilleure preuve, c'est justement la demande de déclassification qui est faite auprès de la DCRI" elle-même, a-t-il ajouté, tout en se félicitant que l'enquête préliminaire, ouverte dimanche par le parquet de Paris pour violation du secret de l'instruction, ait été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), "la police des polices".

 

Et aussi sur DirectMatin.fr

Les extraits des enregistrements de Mohamed Merah

Enregistrements de Merah : TF1 se justifie

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