PSA : le travail n'a pas repris sur le site d'Aulnay

Les salariés de PSA devant l'usine d'Aulnay-sous-Bois le 12 juillet 2012[AFP]

"PSA, patron voyou", "On déclare la guerre à PSA" : en tenue de travail, 3 heures après l'annonce de la fermeture du site PSA d'Aulnay-sous-Bois, des ouvriers sont sortis de l'usine jeudi matin pour clamer leur "colère", leur "rage" contre leurs patrons "menteurs".

A 11H00, ils se sont avancés en rang vers les nombreux journalistes présents sur le parking de l'usine, scandant à l'unisson: "De l'argent, il y en a dans les caisses de PSA, aucune usine ne doit fermer".

"L'usine est arrêtée, on déclare la guerre à PSA. Depuis un an, on n'a entendu que des mensonges", a crié fort l'un des ouvriers, dans sa blouse grise. En juin 2011, la CGT avait rendu public un document confidentiel annonçant cette fermeture de l'usine historique qui emploie 3.000 salariés et 300 intérimaires, mais la direction avait démenti.

Jeudi, l'équipe du matin avait commencé, comme à son habitude, à travailler à 6H47. A 8H30, la ligne de production a été arrêtée "pour un briefing pour informer" les salariés de l'arrêt en 2014 des activités de production à Aulnay, a expliqué la direction. Il s'agissait, selon elle, de leur laisser le temps "de contacter leur famille, de parler avec leur hiérarchie".

Le travail n'a pas repris et ne devait pas reprendre jeudi, selon la CGT, alors que la direction a affirmé que "ça tournait un peu sur certains sites".

"C'est une nouvelle qui provoque une grande émotion chez les ouvriers, et je la partage", a déclaré aux journalistes le directeur du site, Laurent Vergely. "Les salariés n'ont pas démérité. (...) L'objectif est que chacun ait une offre d'emploi", a-t-il dit, avant de retourner rapidement dans l'usine.

"PSA n'a pas l'intention de quitter le site, il a conscience de sa responsabilité vis-à-vis de la Seine-Saint-Denis", a assuré une responsable de la communication de la direction.

Des propos qui ne rassurent pas les salariés. "On est une bombe sociale, une bombe politique, et ça, on va l'utiliser", a clamé Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, tout juste arrivé du comité central d'entreprise à Paris.

"Je ne sais pas jusqu'où on va pouvoir les faire reculer, mais on va vendre extrêmement cher notre peau", a-t-il prévenu. "On s'y attendait, ce n'est pas une surprise, mais on est en colère. Pendant un an, on nous a pris pour des idiots, on nous a menti. Et puis, on nous annonce ça, à 8H00 du matin", lâche Jean-Jacques, 53 ans.

"On va voir ce qu'on va faire. On ne peut pas se permettre d'être en grève jusqu'en 2014! Il va falloir négocier, reprendre le travail, mais pas aujourd'hui, ni demain", dit l'ouvrier, employé sur le site depuis 23 ans.

"Travailler 18 mois dans ces conditions, ça va être un cauchemar", dit Frantz, 41 ans. "Et puis, on n'a rien d'autre, pas de piste. Tant que ce n'était pas officiel..." "C'est du mépris: ils nous disaient qu'une fermeture n'était pas à l'ordre du jour. Ils disent qu'ils vont nous reclasser, mais on ne les croit plus", lâche Sylvain, 32 ans.

A quelques mètres, le maire PS d'Aulnay-sous-Bois, Gérard Ségura, est pris à partie par les ouvriers. "C'est une bataille: j'ai les moyens d'enclencher une bataille juridique" contre PSA, dit-il, visiblement en colère, aux salariés.

"Ca fait un an qu'on nous ment", lui répond un salarié, les larmes aux yeux. "Hollande, il ne bouge pas", lui lance un autre. "Ca fait un mois et demi", que le président François Hollande est au pouvoir, défend le maire. "Vous, comme le gouvernement, vous n'avez aucun moyen de pression sur PSA. C'est ça la vérité", lance violemment un autre salarié, qui appelle ses collègues à se battre.

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