A Asnières, une socio-esthéticienne redonne confiance aux jeunes

Marie-France-Millacet (D), socio-esthéticienne de 47 ans, conseille une cliente, le 12 juillet 2012 à Asnières-sur-Seine[AFP]

Elle relooke, conseille et donne confiance: Marie-France Millacet, 47 ans, est une socio-esthéticienne qui soigne, grâce à l'image, le moral de jeunes de banlieue parisienne.

Tous les jeudis, cette femme aux grands yeux bruns et à la voix douce accueille à l'espace santé jeunes d'Asnières, dans les Hauts-de-Seine, des jeunes de 12 à 25 ans mal dans leur peau et qui peinent à s'intégrer dans leur collège, leur lycée ou sur le marché du travail.

"Ils me disent qu'ils se trouvent nuls ou paniquent totalement à l'idée de parler en public. Certains sont complètement inhibés, le regard baissé, d'autres sont impulsifs et n'arrivent pas à s'exprimer", décrit Mme Millacet.

Cette ancienne danseuse s'est reconvertie il y a 5 ans dans cette profession peu connue et qui s'adresse habituellement aux personnes souffrantes ou fragilisées par un événement comme la maladie, un accident ou un passage en prison.

Outre ses permanences à Asnières, elle intervient dans des lycées professionnels de région parisienne auprès de jeunes en voie de déscolarisation.

"Le langage corporel, ça me parle beaucoup. Quand j'observe quelqu'un, je vois, à son attitude, comment il se sent", glisse la quadragénaire, qui a gardé de ses années de pas chassés une silhouette fine et des gestes gracieux.

Mme Millacet reçoit les jeunes en tête à tête et s'efforce de les mettre en confiance pour susciter le dialogue.

Pour ceux qui ont du mal à exprimer leur malaise, la socio-esthéticienne a quelques "trucs": "je leur apprends des techniques de respiration, de sophrologie, je les fais respirer, marcher, s'assouplir. Une fois que la personne est détendue, on arrive à sortir quelques mots".

"Mon but: qu'ils se trouvent jolis"

"Je n'arrivais pas à me maîtriser. Quand les gens m'énervaient, je pétais les plombs, je les insultais, je les frappais. Avec Marie-France, j'ai fait des exercices de respiration, de relaxation, j'ai appris à me détendre", témoigne, sous couvert de l'anonymat, un adolescent en consultation depuis quelques mois.

"Certains ne comprennent pas pourquoi ils échouent systématiquement aux entretiens d'embauche", explique Marie-France Millacet. Problème de présentation, d'attitude, voire d'hygiène: la spécialiste les aide à prendre conscience de ce qui coince, en usant de tact et diplomatie.

"Je leur pose des questions pour qu'ils trouvent eux-mêmes les réponses", souligne-t-elle.

"Par exemple, si une jeune fille veut postuler pour un poste de secrétaire je lui demande +quelles sont les qualités associées à ce métier?+. Elle me répond: +la rigueur, le sérieux, la ponctualité+. On essaie de trouver des vêtements qui renvoient à ces qualités, dans ce cas une tenue simple, classique", explique-t-elle.

Plus qu'une "relookeuse", Marie-France Millacet se voit comme une "conseillère en image", qui glisse des recommandations sur les codes de couleurs, les vêtements à porter en fonction de la morphologie, le maquillage.

"Mon but n'est pas de rendre les jeunes jolis mais qu'ils se trouvent jolis", insiste la conseillère. Ainsi, lorsqu'elle reçoit une jeune fille, elle ne maquille que la moitié de son visage "pour qu'elle apprenne à se maquiller en faisant l'autre moitié et qu'elle se regarde dans le miroir, qu'elle s'admire".

Marie-France Millacet "est à l'écoute, elle rassure et met en confiance", décrit Shérazade Allam, une collègue psychologue.

"J'ai reçu beaucoup de mails de jeunes qui me disent que je les ai aidés", se félicite la socio-esthéticienne. "Une personne m'a même dit qu'elle voulait faire le même métier que moi. C'est valorisant".

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