Hollande fixe un cap pour résoudre la crise

Le président François Hollande. Le président François Hollande.[DOMINIQUE FAGET / AFP]

Lors de son discours à la foire de Châlons-en-Champagne, le président François Hollande a affirmé que son "devoir" était de "dire la vérité aux Français" et que la crise actuelle était "d'une gravité exceptionnelle, longue" n'épargant aucun pays.

"Mon devoir, c'est de dire la vérité aux Français. Nous sommes devant une crise d'une gravité exceptionnelle, une crise longue qui dure depuis maintenant plus de quatre ans et aucune des grandes puissances économiques, même les émergentes, n'est désormais épargnée", a-t-il expliqué. "La croissance ralentit partout et les prix des matières premières, des céréales, pour des raisons aussi bien climatiques que spéculatives, mais aussi le pétrole" augmentent fortement, a souligné le chef de l'Etat.

"Je ne reviendrai pas sur les responsabilités d'hier et d'avant-hier", a-t-il ajouté en allusion à la politique de son prédécesseur de droite, Nicolas Sarkozy, soulignant qu'il avait pris les rênes du pays "en toute connaissance de cause". "Il ne s'agit plus de juger le passé mais d'agir dès aujourd'hui pour préparer l'avenir", a insisté le président.

François Hollande a souligné que sa mission consistait à conduire le pays pour qu'il fasse "des choix dans le bon ordre, dans le bon rythme et dans la bonne direction". "Et c'est au gouvernement, sous l'autorité de Jean-Marc Ayrault, de mettre en oeuvre cette orientation", a-t-il ajouté, soulignant que "le gouvernement est à la tâche".

 

L'emploi

Il y a d'abord "l'urgence" et "l'urgence, c'est l'emploi", a-t-il souligné, rappelant qu'il avait convoqué une session parlementaire du Parlement pour que le texte sur les "emplois d'avenir" soit adopté au plus vite. "Dès le début du mois d'octobre seront signés les premières conventions", a-t-il assuré. Le dispositif sur les contrats de génération sera lui présenté dans "les jours qui viennent" aux partenaires sociaux.

Soulignant qu'il "faudra du temps" pour gagner la "bataille de la croissance, de l'emploi, de la compétitivité", le chef de l'Etat a ajouté: "l'action que je conduis s'inscrit dans la durée du mandat qui m'a été confié par les Français: non pas sur trois mois, pas davantage sur douze mois mais sur cinq ans". "Mais en même temps", a-t-il ajouté, "il n'y a pas de jours à perdre. Tout compte. Trop de retards ont été pris. Trop d'urgences nous assaillent. Trop de périls nous menacent".

"Je prendrai donc les décisions dans un calendrier ordonné, en respectant les rythmes du Parlement et le dialogue social", a lancé François Hollande. Selon lui, "le changement, ce n'est pas une somme d'annonces sans lien les unes avec les autres. Le changement, c'est une force qui sait où elle va, qui donne une direction susceptible de rassembler le pays."

La négociation pour "anticiper les restructurations" et "prévenir" les plans sociaux commencera ainsi "le mois prochain". Le document d’orientation qui permettra le débat avec les partenaires sociaux sera présenté le 10 septembre.

 

Collectivités locales

Autre sujet abordé par le chef de l'Etat lors de son discours : le financement des collectivités locales. Il a ainsi indiqué avoir demandé au gouvernement de fournir "d'ici octobre" des propositions à ce sujet. "Je veux que le gouvernement d'ici octobre apporte des réponses au financement des collectivités locales et l'augmentation de la collecte du livret A y contribuera", a expliqué François Hollande. Il a ajouté vouloir donner aux régions la gestion des "fonds européens consacrés à leur terriroire", rappelant que les collectivités locales assurent "les trois quarts de l'investissement public en France".

François Hollande a annoncé qu'il recevrait le 12 septembre les présidents de régions et qu'il entendait à cette occasion "leur confier la responsabilité de gérer les fonds européens consacrés au développement de leur territoire".

 

Logement

Le président de République a également abordé le sujet du logement expliquant qu'un projet de loi était prêt. "L'un des freins à l'investissement immobilier, c'est, on le sait, le coût et la disponibilité des terrains. Un projet de loi est prêt et permettra de céder gratuitement, j'ai dit gratuitement, les terrains de l'Etat et des opérateurs publics aux collectivités locales et aux bailleurs sociaux qui s'engagent dans des programmes de construction".  110 000 logements pourront ainsi être créés entre 2012 et 2016.

 

Banque publique d'investissement

Promesse de sa campagne, François Hollande a parlé de la création d'une Banque publique d'investissement. "Pour permettre l'accès des entreprises au financement, en prêts comme en fonds propres, une banque publique d'investissement va être créée dans les jours qui viennent" a-t-il déclaré. "La banque publique concentrera ses interventions sur les PME et les entreprises de taille intermédiaire les plus innovantes".

 

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