Le gouvernement au front à Marseille

Jean-Marc Ayrault présidera jeudi à Matignon un comité interministériel pour apporter des réponses "globales" à la criminalité marseillaise et aux règlements de compte qui ont ensanglanté la cité phocéenne ces derniers mois.[AFP] Jean-Marc Ayrault présidera jeudi à Matignon un comité interministériel pour apporter des réponses "globales" à la criminalité marseillaise et aux règlements de compte qui ont ensanglanté la cité phocéenne ces derniers mois.[AFP]

Jean-Marc Ayrault présidera jeudi à Matignon un comité interministériel pour apporter des réponses "globales" à la criminalité marseillaise et aux règlements de compte qui ont ensanglanté la cité phocéenne ces derniers mois.

Après la mort d'un homme de 25 ans en milieu de semaine dernière, criblé de balles de kalachnikov dans les quartiers nord de Marseille, le Premier ministre a décidé de convoquer ce comité, pour ne pas "laisser les choses dériver". Ces règlements de compte, souvent liés à des luttes autour de trafics de drogue, ont fait 19 victimes depuis le début de l'année dans la région marseillaise.

Le Premier ministre réunira jeudi à partir de 17H00 de nombreux ministres, dont Manuel Valls (Intérieur), Christiane Taubira (Justice), François Lamy (Ville), Arnaud Montebourg (Redressement productif) ou encore la Marseillaise Marie-Arlette Carlotti (Lutte contre l'exclusion) et Vincent Peillon (Education).

"Nous avons affaire à un problème extrêmement grave qui touche l'économie souterraine, des quartiers entiers où se sont installées des bandes", a expliqué M. Ayrault dimanche. Critiqué jusque dans son camp pour sa discrétion en août, le chef du gouvernement est bien décidé à ne pas rester "inactif" sur ce dossier. Pour lui, "l'autorité de l'Etat doit être respectée partout".

La présence de nombreux ministres montre, selon M. Ayrault, que le gouvernement entend apporter des réponses globales pour parvenir à un véritable "plan d'action pour l'agglomération marseillaise".

Cette économie souterraine, "il faut la combattre sur tous les fronts, politique, judiciaire mais aussi économique !", a-t-il expliqué dimanche. "C'est un travail qui demandera beaucoup d'énergie".

Matignon a d'ailleurs bien insisté sur le fait que ce comité interministériel n'avait pas été décidé dans l'urgence, au moment où l'exécutif est critiqué sur le rythme des réformes, mais marquait l'aboutissement d'un travail engagé en juillet entre plusieurs administrations.

"Marseille est une ville en très grande perdition, qui a besoin d'une réponse exceptionnelle de l'Etat et c'est ce qui va être fait avec la réunion de jeudi", a fait valoir dimanche Manuel Valls.

Parmi les pistes de réflexion, M. Lamy a notamment évoqué le renforcement des dispositifs de rénovation urbaine dans la cité phocéenne.

L'envoi de militaires, réclamé par la sénatrice-maire PS des 15e et 16e arrondissements de Marseille, Samia Ghali, a par contre été écarté par le gouvernement. "Bien sûr, ce n'est pas la bonne idée", a jugé M. Ayrault, assurant toutefois avoir entendu le "cri d'alarme" de cette élue.

Ce comité intervient aussi en pleine polémique entre M. Valls et le maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui a accusé le gouvernement de réserver les zones de sécurité particulière (ZSP) aux municipalités socialistes.

Dénonçant "la démagogie et l'irresponsabilité" du maire de Marseille, M. Valls a promis une "montée en puissance" des ZSP dans les quartiers difficiles, quinze dès septembre, une cinquantaine en 2013, a-t-il rappelé.

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