Tuerie de Chevaline : les analyses ADN lancées

Dépanneuse Chevaline Une dépanneuse à pris en charge le véhicule où les corps ont été retrouvé.[PHILIPPE DESMAZES / AFP]

Le mystère reste entier jeudi au lendemain du massacre de quatre personnes à Chevaline. Les enquêteurs avancent vite, et la fillette de quatre ans, retrouvée mercredi soir miraculesement indemne, aurait commencé à parler.

"Ce qui est sûr, c'est qu'on voulait tuer", a déclaré jeudi le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, dénonçant "un crime particulièrement horrible" et "hors normes". Immédiatement, il a appelé la presse à la prudence quant à l'identité des victimes dans la voiture, qui sont selon toute vraisemblance une famille venue de Grande-Bretagne en villégiature au bord du lac d'Annecy.

Pour identifier formellement les victimes, les enquêteurs français ont dit jeudi attendre l'envoi de traces ADN par leurs homologues britanniques, qui ont perquisitionné le domicile de la famille des victimes présumées, dans un quartier résidentiel de Claygate, à une trentaine de kilomètres au sud de Londres.

Le conducteur s'était enregistré quelques jours auparavant dans un camping voisin, à Saint-Jorioz. Né à Bagdad, il vivait depuis de nombreuses années en Grande-Bretagne, a confirmé le procureur, qui n'a cependant pas souhaité donner son nom dans l'attente d'une identification ADN. La police britannique a perquisitionné son domicile jeudi, dans la grande banlieue sud de Londres, dans le comté du Surrey. Cet homme de 50 ans s'appelle Saad al-Hilli.

Deux passeports ont aussi été découverts sur les victimes, un suédois et un irakien. La plus âgée des deux femmes, 74 ans, est de nationalité suédoise, a confirmé le ministère suédois des Affaires étrangères, refusant de préciser son identité.

 

La fillette a parlé

Par ailleurs, le procureur a insisté sur le fait que la fillette de quatre ans retrouvée indemne mercredi soir, huit heures après le drame était "totalement invisible", faisant la morte, cachée au milieu d'une accumulation de bagages aux pieds des femmes tuées, alors qu'un début de polémique a été lancé sur le délai de huit heures avant qu'elle ne soit découverte.

"Elle était manifestement heureuse d'être dans les bras des enquêteurs. Elle a été hospitalisée dans un service pédopsychiatrique. L'essentiel est de la protéger, de la soutenir", a dit le procureur. Elle a commencé à parler et pourrait être entendue prochainement, a ajouté le procureur, tout en appelant à ne pas trop attendre du témoignage d'une enfant de quatre ans.

 

Un témoin capital

C'est un témoin à vélo qui a découvert la macabre scène. C'est un ancien de la Royal Air Force ayant une propriété dans la région et qui avait l'habitude de venir en vélo dans cette zone. Le drame venait alors visiblement tout juste de se produire : il venait d'être dépassé par le cycliste retrouvé tué. Le procureur a rendu hommage à ses "réflexes extraordinaires" car il a mis l'enfant blessée en position latérale de sécurité (PLS).

Sur place, une quinzaine de douilles ont été retrouvées dans le véhicule et autour. Elles proviennent manifestement d'une arme de type pistolet automatique. La voiture n'a cependant pas été arrosée de tirs. 

 

Une blessée de sept ans

La sœur aînée, grièvement blessée à la tête, a quant à elle été plongée dans un coma artificiel et doit être réopérée; Son pronostic vital n'est plus engagé.

 

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