Le mouvement des salariés de Sanofi s'amplifie

Des salariés de Sanofi manifestent contre la prochaine réorganisation du groupe, le 13 septembre 2012 à Toulouse [Pascal Pavani / AFP] Des salariés de Sanofi manifestent contre la prochaine réorganisation du groupe, le 13 septembre 2012 à Toulouse [Pascal Pavani / AFP]

Le mouvement de protestation des salariés de Sanofi a pris de l'ampleur jeudi à Toulouse, avec la première journée entière de grève sur le site et le renfort de près de 200 autres grévistes, arrivés de région parisienne et de Montpellier, a constaté une journaliste de l'AFP.

Environ 80% des 600 salariés de Toulouse étaient en grève jeudi matin, a dit Pascal Delmas, délégué syndical CFDT de Toulouse.

Ils étaient 700 personnes d'après la police, entre 800 et 1.000 de source syndicale, à exprimer dans la rue leurs inquiétudes après l'annonce par le groupe pharmaceutique le 5 juillet, d'une prochaine réorganisation notamment dans la recherche.

La direction n'a pas donné de détails, renvoyant à fin septembre pour préciser ses intentions.

Selon les syndicats, la restructuration menace de 1.200 à 2.500 postes dans l'Hexagone, tout particulièrement à Toulouse, où la recherche emploie la totalité des 600 salariés, et à Montpellier, où elle représente 200 emplois sur 1.200.

Depuis l'annonce de la direction en juillet, les salariés ont multiplié les actions de protestations tous les jeudis.

Cette fois, à l'issue d'un défilé et de prises de paroles de syndicalistes et d'élus locaux de tous bords près de l'établissement, les manifestants ont perturbé le trafic routier notamment sur le périphérique toulousain pendant plus de deux heures en début d'après midi.

A 49 ans, dont vingt passés dans l'entreprise, Bernadette Tric, déléguée syndicale centrale CGT à Vitry, est venue à Toulouse par solidarité et parce qu'elle se sent concernée par les menaces de restructurations. "Si Sanofi réussit à se désengager de Toulouse, les autres sites suivront", a-t-elle dit à l'AFP.

Un "effet tâche d'huile" pour Dominique Junyent (CFDT), secrétaire du CCE, qui n'impacterait pas que la recherche mais aussi les sites de production.

"Dans trois ans, où je vais aller?", s'est interrogé Clément Martin.

A 32 ans, le technicien en est déjà à deux mutations. Le père de famille a commencé sa carrière dans le groupe pharmaceutique en 2001 à Vitry, avant d'être muté à Romainville en 2009 dans le cadre d'un plan social, puis à Montpellier en décembre 2011, site aujourd'hui menacé.

Le mouvement a aussi touché de nombreux autres établissements de Sanofi. Environ 200 personnes se sont réunies devant le site de Montpellier, à Strasbourg la moitié des 70 salariés ont débrayé pendant une heure.

A Vitry/Seine-Alfortville (plus de 1.300 salariés), quelques 120 salariés ont débrayé à la mi-journée et manifesté sur les quais de Seine.

A Chilly-Mazarin (Essonne) ils étaient environ 200 à débrayer, 120 à Sisteron (Alpes de Haute-Provence), de même qu'à Aramon (Gard) ou Neuville/Saône (Rhône), selon Thierry Bodin, coordonnateur adjoint CGT.

Selon lui, "cette grosse mobilisation" s'explique par le fait que "tout le monde sait qu'avec la stratégie de Sanofi, tous les sites vont être touchés, tout salarié sait qu'il peut être menacé".

L'intersyndicale en appelle à l'Etat et souhaite l'organisation de réunions tripartites (direction/organisations syndicales/ pouvoirs publics).

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