Calvaire de Sabrina : 28 ans de réclusion pour la principale tortionnaire

Une salle d'audience du tribunal de Bobigny [Jean-Pierre Muller / AFP/Archives] Une salle d'audience du tribunal de Bobigny [Jean-Pierre Muller / AFP/Archives]

La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a condamné en appel à 28 et 18 ans de réclusion deux tortionnaires de Sabrina, une jeune femme violée et réduite en esclavage dans un campement misérable en banlieue parisienne entre 2003 et 2006.

Florence Carrasco, qui avait été condamnée à 30 ans de réclusion en première instance, a vu sa peine réduite de deux ans. Avec son mari Franck Franoux, qui lui n'a pas fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion, ils faisaient régner la "terreur" sur le campement en Seine-et-Marne.

Eric Labbez, qui se faisait passer pour le petit ami de Sabrina aujourd'hui âgée de 32 ans, a vu sa peine passer de 25 à 18 ans de réclusion. Il la violait et la frappait, parfois sous le contrôle de Florence Carrasco.

Le père de Sabrina a été condamné à 10 ans de réclusion (contre 20 en première instance) et sa mère à 3 ans de prison (contre 8). Ils étaient notamment accusés d'avoir vendu au couple Franoux-Carrasco leur fille alors âgée de 24 ans, contre une réduction sur une voiture sans permis. Le père de Sabrina nie cet échange.

L'enquête a démarré en mars 2006 quand Sabrina a été déposée devant l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Elle avait perdu pratiquement toutes ses dents et ne pesait plus que 34 kilos.

"J'étais l'esclave de Madame Carrasco. Je ne mangeais presque jamais, ses enfants ont commencé à me taper (...), comme si j'étais un chien. Elle m'obligeait à coucher avec des hommes, sinon elle me tapait", a-t-elle raconté lors du procès.

Elle a décrit comment ses oreilles ont été brûlées au fer à repasser, expliqué qu'elle avait dû manger des excréments de chiens, raconté les coups, les menaces de mort...

Sabrina est aujourd'hui une jeune femme mince, blonde, qui vit loin de la Seine-et-Marne. Si elle a parfois eu du mal à trouver ses mots devant la cour, rien ne laisse deviner le calvaire qu'elle a vécu. De février à mai, elle est allée au Cameroun avec une association pour aider des gens en difficulté.

Mais quand Florence Carrasco lui a demandé son pardon, c'est un "non" ferme et spontané qu'elle a exprimé, avant de faire part de sa "haine" envers sa tortionnaire.

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