Affaire Karachi : l'enquête financière validée

Montage de photos de Ziad Takieddine, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire [Thomas Samson / AFP/Archives] Montage de photos de Ziad Takieddine, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire [Thomas Samson / AFP/Archives]

La cour d'appel de Paris a validé lundi l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi, contestée par Ziad Takieddine, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, tous trois mis en examen, a déclaré Me Olivier Morice, avocat des familles de victimes de l'attentat.

"C'est une validation complète de la procédure et un désaveu cinglant pour les mis en examen. Les familles des victimes sont extrêmement satisfaites de cette décision", a indiqué Me Morice à l'AFP.

Les trois mis en examen mettaient en cause le travail des juges, estimant qu'ils avaient travaillé pendant plusieurs semaines "hors saisine", en dehors du champ de leurs investigations.

Les avocats des trois hommes demandaient la levée de la mise en examen de leurs clients et l'annulation de l'enquête.

L'avocat de M. Takieddine, Me Francis Vuillemin, a annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation.

"C'est une déception car la cour conforte l'enquête du juge qui a pourtant gravement manqué aux dispositions du code de procédure pénale", a-t-il expliqué à l'AFP. "Il sera intéressant de connaître l'analyse de la chambre criminelle de la Cour de cassation", a-t-il ajouté.

M. Takieddine est soupçonné d'avoir été imposé, avec un autre intermédiaire, Abdul-Rahman El Assir, à la dernière minute par le cabinet de François Léotard, alors ministre de la Défense, dans la conclusion de contrats d'armements avec le Pakistan (Agosta) et l'Arabie saoudite (Sawari II) en 1995.

Il a été mis en examen, notamment pour recel d'abus de biens sociaux aggravé, par les juges qui cherchent à savoir si les commissions versées dans le cadre de ces contrats ont pu alimenter, via des rétrocommissions, la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

M. Takieddine a également été mis en examen pour blanchiment de fonds aggravé, procédure rejetée par sa défense, qui contestait la saisie ordonnée de ses biens immobiliers.

M. Bazire, numéro 2 de LVMH et proche de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, a également été mis en examen pour complicité d'abus de biens sociaux.

Ancien directeur de cabinet de M. Balladur, M. Bazire récuse toute implication, tant dans la signature de contrats d'armement que concernant des valises de billets en provenance de Suisse durant la campagne présidentielle de 1995.

Plus récemment, l'ex-associé de M. Takieddine, M. El Assir, a été retrouvé en Suisse et mis en examen à la fin mai. Il doit être prochainement entendu par le juge Renaud Van Ruymbeke.

De son côté, l'avocat d'Hélène de Yougoslavie, qui vit séparée de M. Gaubert, son époux, et dont le témoignage a nourri l'enquête, a estimé que la décision de la cour d'appel était "un échec total pour ceux qui avaient annoncé un dynamitage du dossier".

"Les éléments réunis par le juge d'instruction confirment toutes les déclarations de ma cliente", a déclaré Me William Bourdon.

Toutes les informations sur l'affaire Karachi

Vous aimerez aussi

Immigration Christophe Castaner prêt à rencontrer son homologue italien Matteo Salvini
Taxe d'habitation : elle ne baisse pas partout en France
Impôt Taxe d'habitation : elle ne baisse pas partout en France
Invention : Bob, le mini lave-vaisselle
Electro-ménager Invention : Bob, le mini lave-vaisselle

Ailleurs sur le web

Derniers articles