Le décrochage scolaire au coeur de la journée de refus de l'échec

Des élèves écoutent leur professeur dans un lycée [Frank Perry / AFP/Archives] Des élèves écoutent leur professeur dans un lycée [Frank Perry / AFP/Archives]

Le décrochage scolaire, un phénomène qui touche chaque année 150.000 jeunes et que le gouvernement veut diviser par deux, sera au coeur de la 5ème journée du refus de l'échec scolaire organisée mercredi par l'association Afev.

Chaque année, 150.000 jeunes quittent prématurément le système scolaire, sans qualification, une "hémorragie" d'autant plus pénalisante que la société française accorde une très grande importante au diplôme, souligne l'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev), qui regroupe plus de 7.000 étudiants apportant du soutien scolaire à autant d'enfants.

Les décrocheurs sont majoritairement issus de milieux populaires, orientés dans des filières professionnelles sans l'avoir choisi.

L'édition 2012 est parrainée par l'ancien footballeur international Vikash Dhorasoo et par la spécialiste en sciences de l'éducation Nathalie Mons, qui participe aussi au comité de pilotage de la concertation pour la refondation de l'école.

Les différentes initiatives (rencontres-débats, échanges entre collégiens et enseignants, animations) sont recensées sur le site www.refusechecscolaire.org.

"Quand on parle de décrochage, il s'agit de décrochage physique de jeunes souvent en troisième ou en seconde, qui à un moment ne vont plus en cours. En réalité, c'est souvent la conséquence d'un long processus qui commence quelquefois dès l'école primaire par le sentiment d'être en difficulté, d'être trop nul pour y arriver. Généralement au collège, ça ne s'arrange pas", a expliqué à l'AFP Christophe Paris, directeur général de l'Afev.

Souffrance et stress

"Décrocher peut être vécu par certains jeunes comme un soulagement", car le système français génère "beaucoup de souffrance et de stress, produit beaucoup d'échec scolaire" et il est "très inégalitaire socialement", a-t-il souligné.

"Après, ils se rendent compte qu'ils ont quand même besoin d'un diplôme", relève-t-il.

"Pour les raccrocher, il y a des solutions intéressantes comme les micro-lycées dans le 93 ou les lycées de la seconde chance. Le travail des missions locales et des régions est aussi important", a-t-il indiqué.

Dans son rapport "Regards sur l'éducation" publié la semaine dernière, l'OCDE s'est inquiétée d'une baisse du taux de scolarisation des 15-19 ans, passé de 89% à 84% entre 1995 et 2010. En France, les jeunes de cette tranche d'âge sont plus nombreux (71%) à être sans emploi ou inactifs que dans l'OCDE (57% en moyenne).

"Il faut travailler sur l'orientation et la valorisation de l'enseignement professionnel. Quand on a le sentiment d'être orienté dans une filière pour les nuls, ça n'aide pas à se motiver", a souligné M. Paris.

Il faut aussi "pouvoir traiter le moment T" où le jeune décroche, et "réfléchir au pourquoi, à l'évolution de notre système scolaire", a-t-il ajouté, voyant dans la concertation en cours sur la refondation de l'école "un vrai espoir pour ceux qui sont concernés".

Le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a réitéré la semaine dernière l'objectif gouvernemental de diviser par deux le nombre de décrocheurs pendant le quinquennat, dénonçant "une orientation subie et non choisie".

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