Caricatures de Mahomet : les réactions se multiplient

Charb, le directeur du journal satirique, avec le numéro de Charlie Hebdo du mercredi 19 septembre 2012. Charb, le directeur du journal satirique, avec le numéro de Charlie Hebdo du mercredi 19 septembre 2012.[FRED DUFOUR / AFP]

Alors que Charlie Hebdo a annoncé en milieu de journée que son site "a été piraté", la publication des caricatures de Mahomet dans le journal satirique continue de déclencher une vague de réactions en France.

Finies les divergences d’opinions de ses ministres sur l’avenir du nucléaire, la loi Hadopi ou encore le retour de la publicité sur France Télévisions.

Cette fois-ci le sujet était beaucoup trop sensible. Alors Jean-Marc Ayrault a parlé au nom de tous, ou presque, histoire de rappeler une fois pour toute l’unité de son gouvernement.

 

Le gouvernement uni derrière Ayrault

Le Premier ministre s'est clairement positionné contre le journal satirique en affirmant « dans le contexte actuel » sa « désapprobation à tout excès » et appelé « à l’esprit de responsabilité de chacun ».

Des propos corroborés par ceux de Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française. « Est-ce que c’est pertinent et intelligent dans ce cadre-là de mettre de l’huile sur le feu ? La réponse est non », a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

Laurent Fabius a indiqué en outre avoir demandé une sécurité accrue des ambassades françaises à travers le monde.

A droite aussi, les critiques à l'encontre du choix rédactionnel de Charlie Hebdo font plutôt l'unanimité. Sur BFM TV, l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, a vu en la publication des caricatures de Mahomet "une provocation intuile". "C'est la une de trop", avance même Rama Yade.

 

François Fillon et Marine Le Pen défendent la liberté d'expression

Actuellement en campagne pour prendre les rênes de l'UMP, François Fillon a pris le contrepied de l'opinion générale des politiques français. L'ancien Premier ministre s'est érigé en défenseur du droit à la liberté d'expression. "Je suis pour la liberté d'expression totale (...) Je défends Charlie Hebdo, je défends la liberté d'expression et je pense qu'on ne doit pas céder un terrain dans ce domaine-là", a-t-il dit sur Canal +.

Même son de cloche chez Marine Le Pen. "On va vivre dans la terreur, s'auto-censurer", "rétablir le délit de blasphème" ou imposer une "censure d'internet préalable", s'est emportée la présidente du FN sur LCI.

 

Catholiques et juifs au secours des musulmans

De leurs côtés, Monseigneur Vingt-Trois, archevêque de Paris, et Richard Prasquier, président du Crif, ont apporté leur soutien à la communauté musulmane. "Publier ces jours-ci, au nom de la liberté, des caricatures sur Mahomet est une forme de panache irresponsable", a déclaré ce dernier.

Interrogé sur Europe 1, le président de la Conférence des évêques de France (CEF) a répondu par un "Je ne m'intéresse pas à ces provocations". Avant d'étayer un peu : "Cela va susciter la répulsion de beaucoup de croyants musulmans qui vont se sentir blessés dans leur foi".

 

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