La sécurité selon Valls

Manuel Valls Manuel Valls devant les policiers et les gendarmes, à Paris, le 19 septembre 2012 [Patrick Kovarik / AFP]

Devant policiers et gendarmes réunis hier à Paris, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a annoncé quels seraient ses chantiers prioritaires.

Place Beauvau depuis quatre mois, Manuel Valls poursuit son chantier entrepris pendant la campagne : être un homme fort de la majorité. Mission réussie pour le ministre de l’Intérieur, qui a endossé le costume sans difficulté. Hier, devant les représentants de la police et de la gendarmerie, il a dévoilé les clés de sa politique. Elle se veut décomplexée, comme le discours qu’il tient depuis des années : «Il y a urgence de redonner de l’espoir, de faire reculer les violences, de casser les trafics», a exhorté l’ancien maire d’Evry avant d’énoncer ses chantiers.

 

> Pas de récépissé pour les contrôles d’identité

C’est le sujet de discorde à gauche. Durant la campagne, François Hollande, promettait de «lutter contre le contrôle au faciès». Le PS avait alors imaginé faire délivrer un récépissé après un contrôle. Mais devant le tollé des syndicats, Manuel Valls (qui n’a jamais été emballé par la proposition) a enterré le projet. A la place, il propose que le matricule des policiers et gendarmes soit visible sur l’uniforme. Et pour améliorer le contact avec la population, il recommande d’abandonner le tutoiement, mais sans le proscrire définitivement.

 

> Poursuite du développement des Zones de sécurité prioritaires

Manuel Valls assure que les ZSP ne «sauraient résumer sa politique». C’est pourtant jusqu’à présent le point central de sa lutte contre la délinquance. Une quinzaine de ces zones ont été créées et 50 à 60 le seront d’ici à la fin 2013. Mais avec des moyens humains limités (500 recrutements) et une mise en œuvre décentralisée, elles ont pour l’heure un manque de lisibilité.

 

> De nouvelles statistiques pour évaluer la délinquance 

Fini «la politique du chiffre», annonce Manuel Valls. Il préfère y «substituer une exigence de sécurité». Pour cela, le ministre de l’Intérieur veut réformer les statistiques de la délinquance qui sont, à chaque publication, l’objet d’un vif débat. Il veut un nouvel outil, au 1er janvier prochain après une concertation menée auprès de l’Observatoire national de la délinquance (ONDRP), l’Insee, les parlementaires et des chercheurs.

 

> Une nouvelle répartition police-gendarmerie

Avant la fin de l’année, des redéploiements sont attendus. «Face aux mutations des territoires, de nouvelles évolutions de zones de compétence» seront prévues. L’objectif est de privilégier les policiers dans les zones fortement urbanisées et les gendarmes dans les départements ruraux. Ce qui entraînera des mutations, un sujet ultrasensible.

 

> Un nouveau projet de loi antiterroriste

C’est le 3 octobre que le projet de loi antiterroriste sera présenté devant le Conseil des ministres. Enjeu : cibler les Français qui partent s’entraîner au jihad à l’étranger et qui fréquentent les sites internet extrémistes. Sur le renseignement, Manuel Valls veut «aller au bout des réflexions déclenchées par l’affaire Merah». Un rapport sera rendu prochainement et deux inspecteurs seront chargés de faire des propositions ; il n’est pas question pour lui que le rôle des agents soit «réduit à la prévision d’ordre public et à la surveillance des manifestations de voie publique».

 

Une popularité record

Pour un peu, Manuel Valls ferait presque l’unanimité auprès de l’opinion publique. Ministre le plus applaudi lors de l’université d’été du Parti socialiste à La Rochelle, il arrive deuxième dans le classement des personnalités préférées des sympathisants de gauche.  Avec 59 % d’opinions positives, le ministre de l’Intérieur est seulement devancé par Martine Aubry (72 %), selon le baromètre CSA pour Les Echos. Il est aussi le ministre préféré des sympathisants de droite avec 46 % d’opinions favorables.

Auprès de l’ensemble des Français, l’ancien député-maire d’Evry (Essonne) arrive en deuxième position derrière François Fillon, avec 48 % de bonnes opinions. 

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