Ouverture du procès des surirradiés d'Epinal

Les victimes de l'accident de radiothérapie à l'hôpital d'Epinal arrivent le 24 septembre 2012 au tribunal de grande instance de Paris [Mehdi Fedouach / AFP] Les victimes de l'accident de radiothérapie à l'hôpital d'Epinal arrivent le 24 septembre 2012 au tribunal de grande instance de Paris [Mehdi Fedouach / AFP]

Le procès du plus grave accident de radiothérapie survenu en France, à l'hôpital d'Epinal, où près de 450 patients ont été surirradiés de 2001 à 2006, s'est ouvert lundi à Paris pour juger sept prévenus dont deux médecins, un radiophysicien et des cadres de santé publique.

Une centaine de parties civiles, des victimes de ce drame et leurs proches, venus pour la plupart des Vosges, ont pris place sur les bancs de la première chambre civile du tribunal de grande instance de Paris.

Une retransmission vidéo du procès est exceptionnellement organisée au tribunal de grande instance d'Epinal pour ceux qui ne peuvent se déplacer.

Tous ont soif de justice: "Nous voulons que les coupables soient punis, je ne veux pas qu'il arrive la même chose à mes trois garçons", confiait peu avant l'ouverture de l'audience, Michel Houot, irradié lors de son traitement contre un cancer de la prostate à l'hôpital Jean-Monnet d'Epinal.

Comme lui, environ 450 patients de l'établissement ont subi, à des degrés divers, des surdoses de radiations lors de deux dysfonctionnements successifs au sein du service de radiothérapie: des erreurs de paramétrage d'un logiciel lors du passage à une nouvelle génération d'appareils en 2004; l'absence de prise en compte, dans le calcul final des radiations, des doses délivrées lors des contrôles radiologiques précédant le traitement lui-même.

Six ans après les premières plaintes en 2006 et une instruction menée au pôle santé de la capitale, les juges vont tenter de comprendre comment une telle accumulation d'erreurs a pu se produire dans cet établissement départemental de référence et pourquoi l'information des victimes fut si défaillante.

Une troisième erreur de moindre ampleur, révélée en 2008, sur des patients traités entre 1989 et 2000, et non jointe à l'instruction, porterait le bilan des victimes de l'hôpital d'Epinal à 5.500 au moins, avait affirmé la ministre de la Santé d'alors Roselyne Bachelot.

Les deux anciens radiothérapeutes et le radiophysicien de l'hôpital sont poursuivis pour homicides et blessures involontaires ainsi que non assistance à personne en danger.

Seul ce dernier chef a été retenu à l'égard de la directrice de l'hôpital et de l'établissement comme personne morale, ainsi que de la directrice de la Ddass et du directeur de l'agence régionale d'hospitalisation (ARH) de Lorraine de l'époque.

Le procès est prévu jusqu'au 31 octobre.

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