Vigilance absolue pour les soldats français en Afghanistan

Des soldats français le 24 septembre 2012 sur la route menant à Naghlu en Afghanistan [Jeff Pachoud / AFP] Des soldats français le 24 septembre 2012 sur la route menant à Naghlu en Afghanistan [Jeff Pachoud / AFP]

"Soyez particulièrement vigilants !" En plein désengagement d'Afghanistan, les forces françaises tentent d'éviter au maximum les risques pour leurs soldats, tout en maintenant le contact avec la population et leur soutien aux forces de sécurité afghanes.

"On n'est jamais à l'abri d'un véhicule suicide ou d'un idiot qui veut se faire sauter même s'il y a des enfants" : le colonel Gilles Haberey harangue ses hommes qui doivent aller ravitailler lundi les 150 soldats français encore présents sur la base de Naghlu, au nord-est de Kaboul, pour conseiller l'armée afghane.

Les Français connaissent parfaitement la Highway 7, la route qui relie la capitale au Pakistan, l'un des grands axes économiques du pays. Et le secteur, dont le gros des troupes françaises s'est retiré en juillet, est plutôt stable.

Mais les manifestations sanglantes dans le monde musulman après la diffusion d'un film américain anti-Islam et la publication de caricatures de Mahomet dans la presse française ont provoqué un regain de tension.

Le 18 septembre, douze personnes ont été tuées dans un attentat à la voiture piégée près de l'aéroport de Kaboul. "Ca a eu lieu pas loin d'ici. C'est une femme qui conduisait le véhicule. Et en plus, très jeune", rappelle le colonel.

En Afghanistan, l'armée hexagonale a toujours privilégié le contact avec la population. Mais les consignes de sécurité sont montées d'un cran. Tout est fait pour éviter de nouvelles pertes à quelques semaines du retrait de l'essentiel des quelque 3.000 soldats français de la coalition multinationale de l'Otan encore dans le pays.

"Si les enfants viennent vous voir, pas de crispation. En revanche, regardez bien les adultes. Méfiez-vous des gens plus jeunes, des gars que vous n'avez jamais vus", martèle l'officier.

Au lever du jour, une dizaine de véhicules blindés quittent Kaboul en direction de Naghlu pour assurer la sécurité du convoi de ravitaillement. A mi-parcours, ils prennent position à Gogamunda, à l'heure où des dizaines d'enfants du village vont à l'école. La menace des IED, les engins explosifs posés par les insurgés, est permanente. Une unité de démineurs doit ouvrir la voie.

Les militaires tiennent d'abord les enfants à distance. Puis ils les laissent s'approcher. Ils leur distribuent même des cerfs-volants.

Le commandant en second de l'unité en profite pour interroger les quelques adultes venus à leur rencontre sur les rebelles qui ont tiré deux roquettes sur les soldats français lors de leur dernier passage, quinze jours plus tôt. Mais personne ne sait rien dans ces villages où pourtant tout le monde se connaît.

Sur le chemin du retour, les Français cultivent cette fois les relations avec la police nationale afghane (ANP).

La dizaine de policiers de Gogamunda s'est installée dans un ancien commissariat délabré qui date de l'occupation soviétique. Même approche prudente : se déployer autour du bâtiment, repérer les armes...

Les policiers afghans ont récupéré l'une des roquettes à moitié explosée tirée par les insurgés. Un engin de fabrication chinoise.

Nouvelle tentative du commandant en second pour en savoir plus sur les insurgés. Sans plus de succès. "Les insurgés, ils tirent et ils s'en vont", explique Haji Mohammad, l'un des hommes de l'ANP.

Retour à Kaboul par la Highway 7. "Mettez de la vitesse. Notre rapidité, c'est notre protection", a prévenu le commandant de l'unité.

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