Les investissements du Qatar dans le collimateur de l'opposition

Bruno Le Maire, le 15 septembre 2012. Bruno Le Maire, le 15 septembre 2012.[PHILIPPE DESMAZES / AFP]

Les anciens ministres UMP Bruno Le Maire et NKM, ainsi que le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan se sont interrogés dimanche sur les investissements du Qatar en France.

La création d'un fonds d'investissement pour les territoires déshérités, doté de 50 millions d'euros par le Qatar, avait été annoncée fin 2011 par l'ambassadeur de l'émirat à Paris, Mohamed Jahan Al-Kuwari. Mais l'annonce lundi dernier du ministère du Redressement productif indiquant que ce fonds sera cofinancé par l'Etat et le privé fait bondir les élus de l'opposition.

"La question des investissements étrangers en France, ça pose une question, cela ne va pas de soi que le Qatar puisse investir à coups de dizaines de millions d'euros dans le sport, les quartiers, sans qu'on comprenne très bien la stratégie de long terme", a indiqué dimanche Bruno Le Maire sur Radio J. Selon lui, "ce n'est pas une question d'islam, c'est une question de souveraineté nationale".

 

"Une commission d'enquête parlementaire ne me poserait aucune difficulté (...) pour que l'on sache exactement quelle est la raison de ces investissements massifs du Qatar dans plusieurs activités en France et quelle est la stratégie qui se développe derrière", a-t-il précisé.

"Ça me paraît normal que les représentants du peuple français demandent à un investisseur, qui investit partout en France dans différents secteurs d'activité, les raisons de son investissement, les modalités de son investissement et les objectifs", a expliqué le député de l'Eure.

 

Dupont-Aignan et NKM aussi

Son ancienne collègue du gouvernement Nathalie Kosciusko-Morizet a abondé dans son sens dimanche sur Canal+. "L'investissement étranger doit être recherché mais, surtout dans ces conditions qu'on sent un peu ambiguës, il doit être encadré", a estimé Mme Kosciusko-Morizet dans l'émission "Dimanche +".

"Moi, je veux savoir quelles sont les conditions d'engagement de ces fonds. Est-ce qu'il va y avoir un droit de regard public? Est-ce qu'on va savoir où va l'argent, comment c'est contrôlé?", a poursuivi la députée UMP de l'Essonne. "Qu'il y ait de l'argent étranger investi en France c'est bien. De quel manière, ça je tiens à regarder de près", a résumé l'ex-ministre de l'Ecologie.

Sur France 3, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, s'est lui vivement opposé à l'entrée de capitaux qataris dans les banlieues : "Pauvre pays où une puissance étrangère, je dirais la même chose si c'était les Etats-Unis ou le Japon, vient intervenir dans nos affaires intérieures. Mais où est tombée la France pour accepter ça ? c'est fou !", s'est-il exclamé.

"Que le Qatar investisse en France, pourquoi pas ? mais que le Qatar entre dans nos banlieues pour s'intéresser à certaines personnes en fonction de certains critères, je ne l'accepterai jamais", a-t-il lancé.

 

Une longue liste d'opposants

Le député UMP Lionnel Luca avait demandé le 25 septembre la constitution d'une commission d'enquête sur l'action du Qatar en France, après l'annonce de la création par ce pays d'un fonds d'aide aux territoires déshérités en France.

La présidente du FN, Marine Le Pen, avait qualifié le 24 septembre de "faute politique majeure" et "de cheval de Troie de l'islamisme" le fonds qatari pour les territoires déshérités sur lequel travaille le ministère du Redressement productif.

Le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s'est insurgé mercredi contre le fonds qatari pour les territoires déshérités de banlieue, décrivant le Qatar comme "une espèce d'avatar d'un système monstrueux" de "colonisation par l'argent".

 

Vous aimerez aussi

La musique classique se réinvente au Blanc-Mesnil
Culture La musique classique se réinvente au Blanc-Mesnil
Des friches en lieux culturels éphémères
Banlieue La nouvelle vie des anciennes friches industrielles
Société En France, une violence enracinée

Ailleurs sur le web

Derniers articles