Ados morts à Clichy : procès "indispensable" pour l'avocat des familles

L'avocat Jean-Pierre Mignard, en janvier 2012 [Francois Nascimbeni / AFP/Archives] L'avocat Jean-Pierre Mignard, en janvier 2012 [Francois Nascimbeni / AFP/Archives]

Me Jean-Pierre Mignard, qui défend les familles des deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2005 a jugé lundi "indispensable" qu'un procès se tienne devant le tribunal correctionnel.

A l'avant-veille de l'audience devant la Cour de cassation devant examiner mercredi le non-lieu rendu en appel en faveur de deux policiers mis en examen pour "non-assistance à personne en danger", l'avocat a jugé "indispensable" que cette affaire soit jugée lors d'un débat public par un tribunal, qui rende une décision, "quelle qu'elle soit".

Les familles ont besoin "de ce moment de reconnaissance judiciaire", a ajouté Me Mignard, tandis que son confrère Me Emmanuel Tordjman a souligné qu'elles attendaient "la reconnaissance du statut de victime".

Siyakha Traoré, le frère de Bouna, l'un des adolescents morts électrocutés, s'est quant à lui dit "confiant, mitigé entre les deux".

"On espère on y croit, on reste positif. C'est dur, on n'arrête pas d'y penser, on dort pas. Tout le monde a besoin de ce procès, nous les familles, les Clichois, tout le monde", a-t-il poursuivi. "On ne demande que justice, il n'y a pas d'acharnement, on n'a pas demandé la lune ou quoi que ce soit. Que la justice passe", a-t-il souhaité.

Expliquant sa "peur" du terme "non-lieu", il a expliqué que si celui-ci était confirmé par la chambre criminelle, il se demanderait si l'on doit "avoir confiance dans la justice de notre pays ou s'il y a deux justices".

Samir Mihi, représentant des familles et de l'association "Au delà des mots", a estimé qu'une éventuelle confirmation du non-lieu, "au delà de la souffrance des familles", "donnerait raison aux jeunes qui, il y a sept ans, ont préféré utiliser la violence que saisir la justice pour faire valoir leurs droits".

La mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, le 27 octobre 2005, avait été le détonateur de violences urbaines qui s'étaient étendues à l'ensemble des banlieues françaises.

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