Hollande et Valls à Echirolles après le double meurtre

Des fleurs déposées le 30 septembre 2012 dans le parc de la Villeneuve à Echirolle  en hommage à Kévin et Soliane [Jean-Pierre Clatot / AFP] Des fleurs déposées le 30 septembre 2012 dans le parc de la Villeneuve à Echirolle en hommage à Kévin et Soliane [Jean-Pierre Clatot / AFP]

François Hollande et Manuel Valls ont fait le déplacement lundi soir à Echirolles, près de Grenoble, trois jours après un meurtre à l'arme blanche de deux jeunes, lors d'une rixe dans le quartier de la Villeneuve.

Le président de la République, avait déjà parlé aux familles des victimes par téléphone, dans la journée. 

Aucune interpellation n'a encore eu lieu. Une marche blanche "à la mémoire de Kevin et Sofiane" est prévue mardi à 18H00.

 

Un appel à l'apaisement 

Dans la matinée, un message appelant à l'apaisement a été lu aux élèves du lycée Marie Curie d'Echirolles (Isère), où étaient scolarisés les deux jeunes tués vendredi soir.

"Nous appelons tous les élèves, tous les jeunes d'Echirolles et d'ailleurs, tous les parents, à la dignité et à l'apaisement", déclarent dans ce texte les enseignants du lycée, pour qui "les seules réponses face à un tel drame sont celles de la fraternité de la solidarité et de la non violence".

Par ailleurs, une cellule d'écoute composée de deux psychologues, d'un médecin conseil de l'inspection académique et d'une infirmière, a été mise en place à l'intention des élèves les plus affectés par ce drame, a indiqué le proviseur, Jean-Louis Lopez.

"Kevin était un gamin studieux, sérieux, qui ne sortait pas et incitait ses camarades à travailler. C'était un vrai grand frère, quelqu'un qui pacifiait", a-t-il déclaré à l'AFP.

Scolarisé en 1ère, son petit frère Wilfried, impliqué dans une première dispute qui avait entraîné la rixe mortelle, "ne parle pas, il est assommé, sous le choc", a-t-il dit.

Peu de lycéens, parmi ceux qui connaissaient les victimes, étaient disposés à s'exprimer devant la presse. "C'était des gens bien, sans problème, qui n'ont jamais rien fait de mal dans la vie, ils ont laissé leur peau pour défendre deux plus jeunes qu'eux", a toutefois confié d'une voix brisée de chagrin Mégane, 17 ans. "La violence gratuite, c'est horrible", a-t-elle ajouté.

A l'entrée de l'établissement, plusieurs élèves distribuaient un tract proclamant "non à la violence, non à la barbarie" et appelant à la marche blanche.

 

"Réparation" et "justice"

Mme Noubissi a demandé au président, "réparation" et "justice" et un peu plus de sécurité pour son quartier avec "des choses très simples", comme l'éclairage, la vidéosurveillance ou la police de proximité.  "Je n'ai aucune haine... Plutôt de la pitié", a-t-elle ajouté.

Le maire (PC) d'Echirolles, Renzo Sulli, a lui réclamé plus de moyens en effectifs policiers et le classement de la ville en zone de sécurité prioritaire. "Mais la réponse n'est pas seulement policière. Il faut qu'on redonne de l'espoir aux jeunes par des politiques éducatives, d'insertion et de formation", a-t-il ajouté.

A la suite d'une première dispute, Kevin, étudiant en master, et Sofiane, âgés tous deux de 21 ans, ont été lynchés vendredi soir dans un parc du quartier où ils ont grandi, à Echirolles, par un groupe d'une quinzaine de jeunes munis de manches de pioche, de marteau et de couteaux. Aucune interpellation n'avait encore eu lieu lundi matin.

 

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