Manifestation anti-austérité : "coup de semonce" pour Hollande

Des manifestants défilent à Paris contre l'austérité le 30 septembre 2012 [Bertrand Langlois / AFP] Des manifestants défilent à Paris contre l'austérité le 30 septembre 2012 [Bertrand Langlois / AFP]

La manifestation de dimanche contre le traité européen et les politiques d’austérité est un véritable "coup de semonce" pour François Hollande, littéralement "débordé par la gauche", estiment lundi de nombreux éditorialistes.

Lors de cette mobilisation, les dizaines de milliers de manifestants ont clairement dit "non… à la politique menée par François Hollande depuis son élection", écrit Nicolas Demorand (Libération), soulignant que ce mouvement "trouvera, à coup sûr, un écho au-delà des troupes du Front de gauche" alors que "le sentiment de frustration politique déborde largement ce cercle depuis la rentrée." 

Cette protestation représente "une première (et une grosse !) pierre posée pour faire barrage à l’austérité", prévient Patrick Appel-Muller dans L'Humanité.

C’est un "carton rouge qui a été adressé au gouvernement", assure Jacques Camus (La République du Centre) et cette "marche populaire… relayée par des partis de gauche, des syndicats et des associations, est un vrai caillou dans les godasses de l’exécutif".

Pour Dominique Garraud, (La Charente Libre), "la mobilisation pour cette première manifestation de la gauche de la gauche depuis l’élection de François Hollande est loin d’être anecdotique" et le leader du Front de Gauche, Jean-Luc "Mélenchon prend date pour des jours qui déchantent".

"Que la première grande manifestation d'opposition à la politique du gouvernement Ayrault soit organisée par des partis de gauche est tout sauf anodin. François Hollande aurait bien tort de n' y voir que l'expression d'une colère passagère", prévient Pierre Fréhel (Le Républicain lorrain). "Lui qui s'était engagé à +réenchanter le rêve français+ paie aujourd'hui les conséquences d'une promesse ambiguë". "La gauche radicale, coachée par un Mélenchon revanchard, n'allait pas manquer de s'en emparer pour réclamer des comptes", poursuit l’éditorialiste. "Aulnay, Florange, la programmation de l'austérité et la valse des plans sociaux lui fournissent, quatre mois après +sa+ victoire, l'occasion de crier à la trahison."

"François Hollande vient de se faire déborder par la gauche, c’était à prévoir", commente Pascal Coquis (Les Dernières Nouvelles d’Alsace). "Pour le chef de l’État, c’est évidemment là le pire des scénarios. Lui qui entendait symboliser le changement incarne désormais, pour une partie de son électorat et même de sa base, une sorte de continuité avec le précédent gouvernement", ajoute-t-il, parlant d’un "parfum de désenchantement". "Cette manifestation", estime-t-il, "résonne comme un premier coup de semonce".

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