Risque de perturbation sur les chaînes et radios publiques mardi

Un toit de la ville de Lille [Philippe Huguen / AFP/Archives] Un toit de la ville de Lille [Philippe Huguen / AFP/Archives]

France 2, France 3, France Info, France Inter et les autres radios et télévisions du service public devraient être perturbées mardi en raison d'appels à la grève dans les groupes France Télévisions et Radio France pour protester contre les restrictions budgétaires prévues pour 2013.

Le projet de budget 2013, présenté vendredi par le gouvernement, prévoit un repli de 1,6% du total des dotations à l'audiovisuel public.

France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô), qui est le plus important poste de dotations du secteur, va subir la plus forte baisse. Le groupe bénéficiera en 2013 de 2,453 milliards d'euros, en baisse de 2,3% par rapport à cette année, selon les chiffres du ministère. La baisse de l'enveloppe est de 85 millions d'euros.

Le patron de France Télévisions, Rémy Pflimlin, avait dit fin août s'attendre à une coupe claire des ressources publiques dès 2013, crise oblige, et avait lancé un plan d'économies au sein de toutes ses chaînes, qui prend effet dès cette année.

Les syndicats craignent que cette réduction des dotations, aggravée par un retard dans les recettes publicitaires d'une soixantaine de millions d'euros en 2012, entraînent un "plan social", terme que la direction récuse.

Une réduction des effectifs de 5% au cours de la période 2011-2015 est d'ores et déjà prévue par le contrat d'objectifs et de moyens (COM) signé en 2011 entre France Télévisions et l'Etat actionnaire.

Toutefois, M. Pflimlin a prévenu ses salariés cette semaine que "les efforts" à réaliser pourraient conduire "à prolonger le plan de départs volontaires actuel, qui doit s'arrêter en 2012, voire à en aménager les modalités et le périmètre, au-delà de ce que prévoit le COM actuel".

Ce message aux 10.000 salariés de France Télévisions a été diffusé dans la foulée du dépôt de préavis de grève par la CGT et FO.

Autre source d'inquiétude, le projet "Info 2015", qui prévoit le "rapprochement" entre la rédaction nationale de France 3 et celle de France 2. Pour les syndicats, ce projet pourrait entraîner des suppressions d'effectifs au sein de France 3, qui emploie 4.000 salariés mais dont les audiences sont à la traîne.

Côté Radio France (France Inter, France Info, France Bleu, France Culture, France Musique, Fip, Le Mouv'), seule la CGT appelle à cesser le travail le 2 octobre.

Elle entend obtenir l'arrêt "des suppressions de postes et des redéploiements", l'arrêt du plan social "déguisé" et des moyens "à la hauteur des missions de service public à la radio".

Déjà, le 21 septembre, les antennes de plusieurs stations de Radio France ont été perturbées à la suite d'un mouvement de grève lancé par plusieurs syndicats (CGT, Sud et CFDT) portant sur le redéploiement de techniciens en province.

Le même jour, des salariés de cinq régions de France 3 avaient également observé une grève, privant un quart sud-ouest de la France des journaux d'éditions régionales ou locales. Ils s'opposent à une inhabituelle fermeture des éditions locales pendant trois semaines, lors des vacances de la Toussaint et de Noël, pour répondre aux contraintes budgétaires.

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