Reclus de Monflanquin : les victimes entendues une dernière fois

Edouard Marcial, avocat des victimes de Monflanquin, le 24 septembre 2012 à Bordeaux [Pierre Andrieu / AFP/Archives] Edouard Marcial, avocat des victimes de Monflanquin, le 24 septembre 2012 à Bordeaux [Pierre Andrieu / AFP/Archives]

Les victimes présumées du procès des "reclus de Monflanquin", dépouillées de tous leurs biens et marquées à jamais par leur aventure, ont témoigné une dernière fois mercredi devant le tribunal de Bordeaux, l'une d'elles comparant Thierry Tilly à "Hannibal Lecter".

Les deux frères Charles-Henri et Philippe de Védrines, des hommes installés, largement quinquagénaires au moment des faits, admettent qu'ils sont tombés rapidement dans le piège des histoires insensées racontées par le prévenu.

Guillemette a rejeté le mari épousé le mois précédent, Diane a accusé sa mère d'atteintes sexuelles, Amaury, l'un des plus jeunes, ne s'est jamais remis psychologiquement et doit être suivi en permanence. Aujourd'hui, François aimerait bien "lui casser la figure". "Encore faudrait-il en être capable", lance méprisant depuis son box Thierry Tilly, pourtant pas très athlétique.

Guillaume a servi de "larbin" au prévenu et relayait ses volontés auprès de la famille. Il estime aujourd'hui que M. Tilly s'est servi des dissensions de la famille pour s'y installer. "L'effet de groupe a été catastrophique, notamment en l'absence de véritable chef de famille", avance-t-il. Il l'accuse d'avoir été avec eux "un manipulateur, un escroc, un prédateur", à la façon "d'Hannibal Lecter", le monstre cannibale du "Silence des Agneaux".

Christine, victime d'un épisode de douze jours de séquestration en janvier 2008, est l'une des premières à s'être échappée, après son beau-frère Philippe qui, justement, n'avait pas supporté son calvaire. Il était parti avant de revenir chercher sa compagne, Brigitte, qui pour sa part n'a pu achever son témoignage, mercredi, trop émue.

Le plus dur pour Christine a été toutes les horreurs que le prévenu a racontées sur elle à ses enfants. D'Amaury, poignante, elle dit : "Que puis-je faire pour le persuader que je l'aime alors qu'on l'a persuadé pendant dix ans que je ne l'aimais pas?" Cette branche de la famille, notamment les jeunes, sont encore criblés de dettes au Royaume-Uni par cette affaire. "Mais je suis très heureuse de ne pas avoir perdu mes enfants", dit-elle, concédant : "les psychiatres nous aident et on en a bien besoin".

Plaidoiries des parties civiles et sans doute réquisitoire jeudi.

 

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