Premier round de la délicate négociation sur l'emploi

François Chérèque (CFDT) et Jean-Claude Mailluy (FO) le 9 juillet 2012 à Paris [Charles Platiau / AFP/Archives] François Chérèque (CFDT) et Jean-Claude Mailluy (FO) le 9 juillet 2012 à Paris [Charles Platiau / AFP/Archives]

Pressés par l'urgence sociale, les partenaires sociaux se réunissent jeudi, avec l'objectif compliqué de trouver, avant la fin d'année, un compromis sur une réforme du marché du travail qui concilierait davantage de souplesse aux entreprises et de protection aux salariés.

Ce rendez-vous est le premier consacré au fond. Le 14 septembre, syndicats et patronat s'étaient uniquement accordés sur un calendrier. Selon un négociateur, cette fois, "chacun dira ses attentes" et une "méthode" devrait être arrêtée.

Le président François Hollande souhaite que syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et patronat (Medef, CGPME, UPA) trouvent un "compromis historique" avant fin 2012.

"Si cette négociation ne va pas jusqu'au bout, ce sera un échec aussi pour les partenaires sociaux. Et il sera historique également", a déclaré mardi François Chérèque, en détaillant les propositions qu'avancera la CFDT.

"Améliorer la sécurisation des parcours professionnels, avec comme objectif de faire reculer la précarité tout en donnant plus de souplesse aux entreprises, c'est la gageure" de cette négociation, selon M. Chérèque.

Ce résumé est assez fidèle à la feuille de route envoyée le 7 septembre par le gouvernement aux partenaires sociaux. Soigneusement pesée, celle-ci a ouvert suffisamment de portes pour que CGT et Medef s'assoient à la même table.

Pour la patronne des grands patrons Laurence Parisot, cette négociation "majeure" pourrait permettre un "pas très significatif vers la flexisécurité". Le Medef souhaite notamment que les procédures en cas de plan social soient "raccourcies et sécurisées".

La flexibilité divise les syndicats. "On est sûr d'y aller, alors si on peut aller un peu moins loin, ce serait bien", estime M. Chérèque. "On n'a pas besoin de plus de liberté de licencier, c'est plutôt le contraire", rétorque la négociatrice de la CGT Agnès Le Bot.

Pour le gouvernement, il est urgent de réformer en profondeur, alors que le seuil des trois millions de chômeurs sans activité a été franchi et que le président s'est engagé à "inverser la courbe du chômage d'ici à un an".

Tous les moyens de "maintenir l'emploi" sont mis sur la table: modulation des charges pour décourager le recours aux contrats précaires, recadrage des accords "compétitivité-emploi" défendus par Nicolas Sarkozy, unification des dispositifs de chômage partiel, refonte de la procédure des licenciements collectifs, etc.

Pour pousser les partenaires sociaux à des concessions réciproques, le gouvernement a prévenu que cette feuille de route n'était "pas une shopping list".

Pour la CFDT, "l'anticipation des mutations économiques" constitue le "coeur" des discussions. M. Chérèque estime donc urgent de "cadrer" nationalement les accords de sauvegarde "qui se multiplient (...) sous la pression des employeurs". Il a cité l'exemple de l'accord d'augmentation du temps de travail sans contrepartie salariale signé lundi par la CGT à Brittany Ferries.

Pour FO, "le vrai enjeu si on veut garder les gens dans l'emploi, ce ne sont pas les accords compétitivité-emploi", "c'est de développer le chômage partiel", sous-utilisé en France et que les partenaires sociaux s'accordent à "unifier".

La question d'une loi sur le rachat de sites viables mais menacés de fermeture divise tout autant. La CFDT a menacé dimanche de quitter la table de la négociation si le projet était débattu à l'Assemblée avant le terme des discussions. Les négociations s'ouvrent jeudi avec l'assurance que les partenaires sociaux auront voix au chapitre.

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