Mosquée de Poitiers : les 4 gardes à vue prolongée

Des policiers. Des policiers.[VALERY HACHE / AFP]

La garde à vue de quatre militants d'extrême droite ayant occupé samedi la future grande mosquée de Poitiers, a été prolongée dimanche.

Les quatres jeunes, âgés de 23 à 26 ans, parmi lesquels deux étudiants et deux jeunes actifs, auraient "un rôle important" au sein du groupe Génération identitaire (GI), a-t-on indiqué de source proche de l'enquête. 

73 militants du groupe d'extrême droite, Génération Identitaire ont investi samedi, vers 5H45, la mosquée, encore en chantier, situé en banlieue de Poitiers, à Buxerolles. 

Ils se sont installés sur le toit et ont déployé une banderole affichant le nom de leur mouvement et une autre indiquant que "Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers en 732". Peu avant 13H00, ils ont évacué le site, sans encombre, selon eux parce que la préfecture leur avait promis qu'il n'y aurait pas d'interpellation.

Un acte condamné 

Leur action a suscité des condamnations quasi unanimes au sein de la classe politique. Dimanche les appels à une grande fermeté judiciaire les visant, ou à leur dissolution pure et simple, se sont multipliés.

 

Dans un communiqué, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a ainsi demandé "la dissolution immédiate de toutes les poupées gigognes de la mouvance identitaire d'extrême droite qui a occupé le chantier de la mosquée de Poitiers", appelant aussi à la fermeture de ses sites internet et à des poursuites "pour incitation à la haine raciale".

Dès samedi, Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche (PG) avait aussi estimé que ces groupes devaient être dissous.

 

"Ils se sentent portés et légitimés par les vents mauvais qu'entraînent les déclarations xénophobes des responsables du Front national et de certains dirigeants de l'UMP", a estimé le MRAP.

 

"C'est avec la plus grande fermeté que de tels actes doivent être condamnés par la classe politique toute entière et faire l'objet de poursuites judiciaires. Ces actes ne peuvent rester impunis", estime également SOS Racisme dans un communiqué.

 

Le Rassemblement des musulmans de France s'est lui inquiété "du climat d'islamophobie", de plus en plus large en France et a appelé à des mesures "pour endiguer cette forme de xénophobie qui porte atteinte aux grandes valeurs de la République".

Samedi, leur action avait été condamnée par presque tous les partis, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, notamment, ce dernier promettant "la plus grande fermeté" à leur encontre.

 

"Pour nous c'est un succès"



"Pour nous c'est un succès", s'est félicitée de son côté dimanche Louise Demory, porte-parole de ce mouvement de jeunesse, émanation récente du Bloc identitaire, un parti d'extrême droite spécialisé dans l'activisme sur internet, qui rejette l'immigration et l'islam avec virulence.

"Nous avons choisi de faire notre action à Poitiers, qui est une ville symbolique en raison de l'histoire et il se trouve en plus qu'une mosquée-cathédrale (nom donné aux mosquées d'envergure, ndlr) très ostentatoire y est en construction avec un minaret de 32 m", a aussi affirmé à l'AFP Damien Rieu, un autre porte-parole de GI. 

 

GI, a-t-il ajouté est "le syndicat des petits blancs, c'est-à-dire des jeunes français de souche touchés de plein fouet par l'immigration", des personnes "issues de milieux modestes".

    

 

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